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Cri d’alarme au Sénégal : les plages de Saly disparaissent

L’érosion maritime prend un tour dramatique sur la "petite côte". Les hôteliers locaux ont lancé un appel public.  

Depuis au moins une dizaine d’années, les plages sont grignotées petit à petit par la mer sur la "petite côte", là où se trouve la plus grande concentration d’hôtels du Sénégal.

La cause reste incertaine : réchauffement climatique, "infrastructures inappropriées",… ? Depuis 2 ou 3 ans, la situation dégénère. Certains hôtels (Teranga, Espadon) n’ont plus de plage. Au Royam, là où le sable avait la largeur d’un terrain de foot il y a quelques années, il ne subsiste que quelques mètres, et les vagues atteignent les pelouses aux grandes marées. Devant la Savana, la promenade de bord de mer s’effondre. Les autres hôtels se battent avec des armes dérisoires. Le génie militaire avait posé il y a un an des "cages" remplies de cailloux, mas les fers rongés lâchent et le Framissima emploie des ouvriers à les reconstituer pour sauver ce qui lui reste de plage. Les Filaos (TUI France) ont dépensé plus de 70 000 € en trois mois pour faire poser par des engins de travaux publics une double rangée de grosses pierres.

"Saly sans plage, c’est comme une station d’hiver sans neige"

Mardi, les hôteliers de la station ont donc mis les pieds dans le plat lors d’une conférence de presse pour dénoncer "l’image d’apocalypse" des bandes de plages restantes. "Les ouvrages actuels, disent-ils, ne passeront pas la période des fortes houles de l’hivernage qui approche". Ils s’exaspèrent : "on nous promet sans cesse que des travaux de grande envergure vont commencer, mais rien n’est fait". Ils viennent d’envoyer une lettre au nouveau ministre du tourisme, Youssou N’dour, l’invitant à venir sur place. C'est une longue lettre de doléances. Outre l’érosion maritime, ils dénoncent les problèmes d’assainissement et de nettoyage de la station, la quasi absence d’éclairage public, le harcèlement des touristes par des "antiquaires", vendeurs, taximen ou mendiants…

L’année 2012 est très difficile depuis les élections présidentielles : "Nous aurons du mal à préserver tous les emplois et certains TO pourraient quitter le Sénégal", affirment-ils. Un comble au moment où le chantier du nouvel aéroport Blaise Diagne (même s’il piétine faute de financements), s’annonçait comme un nouvel atout pour la station. "Saly sans plage, c’est comme une station d’hiver sans neige", résume Nicolas Froger, directeur du Framissima.

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