Retrouvez l'actualité du Tourisme pour les professionnels du secteur tourisme avec l'Echo Touristique : agences de voyages, GDS, prestataires spécialisés, voyagistes

Le volcan enfume la saison estivale en Islande

L’été se présentait sous les meilleurs auspices pour les TO programmant l’île. Mais l’éruption de l’Eyjafjöll pourrait avoir refroidi une partie des clients. Après le passage du nuage, les voyagistes ont du mal à y voir clair.

Les cendres du volcan Eyjafjöll auront au moins eu pour mérite de faire oublier, l’espace de quelques jours, les difficultés économiques de l’Islande, sur lesquelles le monde entier s’était focalisé depuis la faillite de son système financier en 2008. Pas sûr, en revanche, qu’elles produisent les mêmes effets bénéfiques sur son tourisme. La première éruption, débutée le 23 mars, avait pourtant attiré des bataillons de curieux dans la région du volcan, qui crachait alors principalement de la lave.

DES ANNULATIONS DE DERNIÈRE MINUTE ?

Parallèlement, la saison estivale s’annonçait excellente aux dires des tour-opérateurs. « Les ventes cartonnaient, confirme Barbara Grenié, directrice de production chez Scanditours. Avant le 15 avril, nous étions à + 25 % en réservations par rapport à l’an dernier. » Une dynamique que la seconde éruption, à l’origine du nuage qui a paralysé le trafic aérien européen, semble avoir, sinon réduite en cendres, en tout cas sérieusement enrayée. « Il n’y a pas de catastrophe, nous ne constatons pas de mouvement massif d’annulations, mais plutôt une inquiétude des clients, explique Marc Broussaud, cogérant d’Island tours. Ceux qui sont déjà inscrits ont peur que la cendre ne recouvre tout et qu’ils ne puissent pas voir les paysages. Et du côté des réservations, ce n’est plus la ruée du début d’année. » Pour l’instant, l’ensemble des circuits accompagnés du spécialiste affichent toujours complets, mais Marc Broussaud craint d’éventuelles annulations un mois avant le départ, lorsque les clients pourront encore se désister sans frais. Pour convaincre les plus frileux de se maintenir, le TO a donc dégainé l’arme de l’assurance spéciale « catastrophe naturelle ». Le produit, fourni par Présence Assistance Tourisme, garantit la possibilité d’annuler jusqu’au départ en cas de nouvelle éruption. Mieux, le voyagiste a réussi à négocier que cette clause supplémentaire soit appliquée rétroactivement aux clients ayant réservé leur voyage depuis le 1er mars et devant partir dans les prochaines semaines. Et pour mettre toutes les chances de son côté, il a décidé d’en prendre en charge l’intégralité du coût.

RETOUR À LA NORMALE

Tout le monde s’évertue désormais à dresser un état des lieux le plus rassurant possible de la situation dans l’île. Si l’accès aux abords du volcan et à son glacier reste interdit, la route n°1 a en revanche été rouverte dès le 21 avril et les aéroports du pays, dont certains furent un temps fermés (notamment celui de Keflavik, principale porte d’entrée aérienne de l’île), fonctionnent à nouveau totalement depuis le 29 avril. Le volume de cendres produit, quant à lui, ne correspondait plus, le week-end dernier, qu’à 10 % du niveau d’émission atteint au coeur de la crise, mais une recrudescence de l’activité a été constatée le 3 mai, entraînant le lendemain une nouvelle fermeture de l’espace aérien irlandais. Une poursuite de l’éruption qui fait les affaires du TO lyonnais Aventure et Volcans, ultraspécialiste du voyage volcanique. Après avoir fait partir un premier groupe le 23 avril, il prépare un nouveau départ le 17 mai. Et à entendre son fondateur, Guy de Saint-Cyr, décrire le survol nocturne du cratère à bord de l’avion du centre de volcanologie islandais, on imagine que le voyage est grandiose…