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L’avenir collectif des villages de vacances

Alors que Renouveau Vacances et Les Villages Clubs du Soleil viennent d'annoncer leur volonté de se rapprocher, les discussions se poursuivent entre Vacanciel et Belambra. L'union est-elle un passage obligé pour les opérateurs du tourisme social ?

C'est la saison des fiançailles chez les opérateurs de villages de vacances. Le 14 octobre dernier, Renouveau Vacances (qui exploite 15 sites) et %%HORSTEXTE:1%%Les Villages Clubs du Soleil (10 établissements) ont annoncé s'être engagés dans un processus de rapprochement qui « pourrait se concrétiser au printemps 2014 ». Dans le même temps, les discussions sur un éventuel mariage entre Vacanciel (28 établissements) et Belambra (58 sites), commencées l'an dernier, pourraient aussi arriver à terme prochainement. Elles sont suspendues à l'évolution de l'actionnariat de Belambra, dont les détails devaient être présentés à Vacanciel le 23 octobre.

« Si le nouvel actionnaire (remplaçant de Groupama, Ndlr) est compatible avec notre modèle mutualiste et accepte d'être minoritaire au capital de la future union, alors ça se fera. Sinon, on arrêtera », résume Jean-Claude Nérisson, président de Vacanciel. Pour Renouveau Vacances comme pour Vacanciel, l'union est en tout cas devenue une nécessité. Le premier, confronté à la forte baisse des subventions publiques, à la concurrence d'acteurs à but « lucratif » (résidences de tourisme, campings…) et à la crise économique, souffre d'un déficit financier structurel. « Depuis 10 ans, nous avons fait face en vendant des actifs, mais cette réduction de voilure arrive à ses limites, commente Michel Collado, DG. Aujourd'hui, nous avons besoin de financer la réhabilitation de nos infrastructures et de réduire leur densité en lits. » Chez Vacanciel, en revanche, Philippe Laurançon, DG, assure que la « structure financière est solide » et qu'une alliance aurait plutôt pour objectif de soutenir le développement de l'activité. « Nous avons besoin de renforcer notre notoriété, qui est faible, et de couvrir davantage de destinations, alors que notre parc actuel est très concentré sur le sud-est du pays », ajoute-t-il.

Une concentration inévitable

Est-ce à dire que le salut des opérateurs de villages de vacances passe nécessairement par la concentration du secteur ? « C'est inéluctable, répond sans hésiter Bruno Doerler, DG de VVF Villages. Les rapprochements permettent d'optimiser les charges de structure, de concentrer les investissements et de disposer d'une grande diversité d'offre, tandis que pour étendre leur production, les petits acteurs sont forcés de nouer des partenariats dans lesquels ils ne maîtrisent pas le produit. » La réussite de VVF Villages semble plaider pour lui : né de la fusion, en 2006, de VAL et VVF Villages (qui se trouvait alors exsangue), l'opérateur mène aujourd'hui la rénovation complète de son parc. « Mais la moitié seulement de la tâche est accomplie et ils vont avoir du mal à la terminer sans vendre des établissements », nuance un patron du secteur. VVF Villages continue néanmoins à garder un oeil sur d'autres alliances à nouer. Elles peuvent être light, à l'exemple de ce GIE informatique dans lequel se sont associés VVF Villages, VTF et Les Villages Clubs du Soleil afin de mutualiser leurs coûts en matière de logiciel de gestion, de hotline ou de surveillance des réseaux. Mais elles peuvent aussi aboutir à de nouvelles fusions complètes. « C'est ce que nous allons faire sur le segment des villages de jeunes, reprend Bruno Doerler. Au 1er novembre, nous allons intégrer sous notre marque dédiée, Okaya, les activités de deux autres opérateurs, Échanges et Découvertes et Cap au Sud. »

Préserver l'idéal associatif

Chez le DG de VVF Villages, cette dynamique est guidée par la conviction que face à la concurrence du secteur lucratif, les opérateurs associatifs, même leaders, restent des petits Poucets. « Or, si l'on est trop petit, on ne peut pas réussir à défendre notre modèle, qui sert des missions d'intérêt général », argumente-t-il. S'unir pour grandir et préserver l'idéal associatif, c'est justement le pari que font Les Villages Clubs du Soleil et Renouveau Vacances. « Nous n'aurions voulu nous rapprocher d'aucun autre acteur, promet Michel Collado. Les Villages Clubs du Soleil sont en pleine forme et en pleine conquête tout en n'ayant rien abandonné de leurs valeurs. » Les ambitions affichées du futur groupe mélangent donc sans hésiter croissance économique (atteindre 70 M€ de CA en 2015 et 100 M€ en 2020) et défense d'un modèle de solidarité. Du côté de Vacanciel, en revanche, la préservation de la vocation non-lucrative n'est plus qu'une option parmi d'autres. Pour s'allier à Belambra, qui possède déjà un statut de société, Vacanciel cherche d'ailleurs à abandonner son statut coopératif (union d'économie sociale) au profit d'un statut moins contraignant. Une initiative qui semble faire grincer des dents les ministères chargés d'examiner le dossier. Plusieurs mois après le dépôt de la demande, ils n'ont toujours pas donné leur feu vert.


Source : Unat, « Panorama des investissements 2013 du tourisme social et solidaire »

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