Il ne s’agit pas d’un « chèque en blanc", a prévenu le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, en annonçant 7 milliards de prêts garantis* étalés sur quatre années au maximum. Une enveloppe qui représente 3,5 fois sa capitalisation boursière (sic !). En échange, Air France-KLM devra devenir -soyons fous- "la compagnie aérienne la plus respectueuse de l’environnement de la planète". Quitte à renoncer à des vols intérieurs quand une alternative plus verte existe, comme le suggère le sociologue Jean Viard ? Sans aucun doute. Le réseau intérieur a généré 200 millions d'euros de pertes en 2019, a souligné la directrice générale Anne Rigail, lors d’une récente audition au Sénat. Sa restructuration va s'accélérer, ce qui passera par la suppression à terme de lignes déficitaires et -pourquoi pas - par un partenariat inattendu avec un transporteur ferroviaire... A terme seulement, puisque les prémisses du déconfinement à partir du 11 mai - essentiellement au sein de nos frontières afin d'éviter une nouvelle vague épidémique - passeront par la reprise de vols domestiques.
Et si l'incroyable bonne nouvelle de cette crise sanitaire était la création d'un fonds de garantie ?
A plus courte échéance, le groupe a d'autres feux à éteindre. Dans l'immédiat, la question des vols non remboursés empoisonne en France les relations entre voyageurs, Air France et d’autres compagnies, ainsi que les agences de voyages. Alors qu’un règlement européen oblige les compagnies à rembourser dans un délai de 7 jours, Air France et nombre de ses concurrentes s’y refusent. « Notre proposition comme celle de toutes les compagnies aériennes est de proposer un avoir remboursable au bout de 12 mois, précise Anne Rigail (à 33mn de l'audience au Sénat). Et une proposition de texte d’aménagement du règlement a été faite en ce sens par les autorités françaises et également néerlandaises. » Pour l’heure, l'Europe a dit non aux avoirs, tant qu'ils ne sont pas garantis par "un fonds gouvernemental" ou l'équivalent... Alors, et si l'incroyable bonne nouvelle de cette crise sanitaire était la création d'un fonds européen de garantie -que des transporteurs dont Air France ont jusqu'alors repoussé du pied ? Il est possible d'en rêver.

