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Avoirs, sécurité, restructuration : comment Air France anticipe la sortie de crise

Devant les sénateurs, l’équipe dirigeante d’Air France-KLM est revenue sur tous les enjeux que comporte cette crise pour le groupe.

Auditionnés en visioconférence par le Sénat, ils ont tous les quatre répondu le 22 avril aux questions des sénateurs : Ben Smith, le directeur général d’Air France-KLM, Anne-Marie Couderc présidente non-exécutive du groupe et du Conseil d’administration d’Air France, Anne Rigail, la directrice générale d’Air France, Anne-Sophie Le Lay, la secrétaire générale du groupe.

Concernant la crise sanitaire, « qui a violemment agressé l’économie et l’activité de la compagnie » selon Anne-Marie Couderc, les dirigeants ont rappelé qu’elle avait engendré 290 milliards de dollars de pertes pour les compagnies, dont 82 milliards en Europe, selon Iata. Avec 5 vols long-courriers et 15 vols moyen et court-courriers par jour (36 destinations), Air France opère désormais seulement 5% de son trafic normal, et KLM moins de 10%.

Des problèmes de liquidités au troisième trimestre

S’agissant de son avenir, notamment financier, même si Anne-Marie Couderc a rappelé que les discussions actuelles étaient secrètes, de nouveaux éléments ont été apportés. Sans aide, la société aura « besoin de liquidités au troisième trimestre 2020 », c’est-à-dire dans un avenir très proche. A la question de savoir si cette aide de la part de l’Etat allait intervenir via un prêt garanti ou une recapitalisation, Anne-Marie Couderc a insisté sur la notion de prêt et de remboursement, sans non plus jamais vraiment exclure la recapitalisation. Les modalités de cette aide devraient être connues dans les « prochains jours pour Air France et un peu plus tard pour KLM ». Les agendas des deux pays n’ayant « malheureusement » pas pu se coordonner.

Air France souhaite un avoir de 12 mois remboursable

Interrogé sur la mise en place d’un avoir, Anne Rigail a rappelé que les clients des vols annulés sont remboursés. Mais l’instauration d’avoirs, remboursables au bout de 12 mois s’ils ne sont pas utilisés, est soutenue par la compagnie française. « Cette mesure me semble juste et c’est celle qui est soutenue par la France, les Pays-Bas, et un certain nombre d’autres pays membres de l’Union européenne », a assuré la directrice générale. L’absence de bons d’achat coûterait environ « un milliard d’euros » à Air France d’ici le 30 septembre.

S’agissant de la reprise après le 11 mai, si « faire des prédictions aujourd’hui relève d’un exercice assez peu scientifique » d’après Anne Rigail, quelques éléments ont été apportés par les dirigeants. Le pourcentage avancé il y a peu de 30% du trafic d’Air France en juillet n’a pas été remis en cause. Les Etats-Unis seront la destination ciblée en premier, avant le Brésil, le Japon puis l’Afrique.

Comment assurer la sécurité ?

Sans doute alertés par les images dans les médias d’un avion Air France rempli avec des passagers sans masque, beaucoup de sénateurs ont questionné l’équipe dirigeante sur les moyens qu’elle allait mettre en place pour limiter la propagation du virus lors de la reprise. « En ce moment, les vols affichent un remplissage de 40% en moyenne, a précisé Anne Rigail. La distanciation sociale est possible. Quand elle ne sera pas possible, l’entreprise distribuera des masques à tous ceux qui n’en ont pas. »

Des parcours ont été imaginés au sein des aéroports parisiens avec de nouveaux balisages, les salons resteront fermés encore quelques temps, les personnels porteront des masques et des gants et seront équipés de lingettes nettoyantes. Enfin, en plus du filtrage, qui a lieu toutes les trois minutes à bord, le personnel d’Air France utilisera des sprays virucides et rémanent 10 jours.

Le réseau domestique d’Air France va être revu

Enfin, Ben Smith a détaillé la stratégie d’après cette crise Covid-19, que les dirigeants voient comme un catalyseur pour accélérer la transition du modèle économique d’Air France-KLM. Le groupe prévoit de baisser de 50% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, poursuivre ses efforts en matière de recherche et développement, travailler en collaboration avec les autres moyens de transports « qu’il ne faut plus opposer ».

Le réseau domestique d’Air France, qui a entraîné 200 millions d’euros de pertes en 2019, risque d’être une des premières victimes de la crise. Ben Smith a encore annoncé une baisse de 18% de l’activité en France, ce qui induira la réduction de 450 postes dans les escales françaises. Le plan de restructuration qui était à l’origine prévu en l’espace de 5 ans est désormais prévu sur 2 ans.

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