Retrouvez l'actualité du Tourisme pour les professionnels du secteur tourisme avec l'Echo Touristique : agences de voyages, GDS, prestataires spécialisés, voyagistes

Thierry Marx croit à la semaine de 4 jours

Président confédéral de l’Umih et chef étoilé du restaurant Onor, Thierry Marx a émaillé de ses punchlines le congrès des EDV. Extraits choisis de ses réponses cash en tribune.

Pensez-vous que les jeunes n’ont plus le goût du travail ?

« Je pense que les jeunes ont leurs codes et qu’ils n’ont plus de rapport sacrificiel au travail. Il faut l’entendre. Les jeunes disent : « Tant que ton entreprise me rend fier et heureux, je veux bien adhérer à ton mouvement. Dès lors que la pression est excessive, je ne l’accepte pas ». « Mais il n’y pas que des jeunes qui gueulent et qui râlent. Aujourd’hui, quand je pousse la porte d’une cuisine, je ne vois pas beaucoup d’Occidentaux. Je vois des gens qui trouvent nos métiers merveilleux, qui y voient une manière de s’intégrer rapidement et qui se rêvent chefs d’entreprise en moins de cinq ans ». « N’oublions pas que cette jeunesse apprend deux fois plus vite que nous. Ils sont nés avec un deuxième cerveau dans la poche arrière. »

Comment améliorer l’attractivité des métiers ?

« Il faut que l’Etat nous aide à améliorer l’attractivité des métiers. Pourquoi depuis 40 ans le travail n’émancipe plus, avec la voiture-balai du Smic ? C’est un problème structurel. J’ai pour ma part décidé de fermer certains établissements le samedi et le dimanche (notamment dans le restaurant Onor, NDLR). (…) Je pense que nous allons très doucement nous approcher du rythme 4 jours-3 jours, donc 4 jours de travail et 3 jours de repos. » (…) « J’ai eu une DRH qui a accepté de faire venir des assistantes sociales deux jours par semaine. Cela a apaisé nos collaborateurs, et apporté des solutions en toute confidentialité. L’entreprise ne sait pas répondre à tout et résoudre tous les problèmes de vie des collaborateurs, comme une séparation, une saisie-arrêt sur salaire, une absence de logement. » 

Le rapport à l’autorité a-t-il changé ?

« Nous avons créé des écoles d’inclusion et d’insertion. On reçoit des gens très éloignés de l’emploi, on leur dit qu’on peut les former gratuitement. Mais rien n’est gratuit sur cette planète, il y a une monnaie d’échange. Ce n’est pas le dollar ni l’euro. C’est RER : Rigueur, Engagement, Régularité. Rigueur, c’est ton projet, ta verticalité. Engagement, c’est lâcher la main du passé, on peut t’y aider. Régularité, ça veut dire pas d’absence ni de retard pendant les 12 semaines de formation. Et ca marche pour 92% d’entre eux ! »

La formation est-elle adaptée à ces évolutions ?

« La relation au monde de l’entreprise doit évoluer. On doit mettre des passerelles permanentes très tôt entre l’Education Nationale et les entreprises, car il y a une méconnaissance totale. Le monde du XXème siècle n’en finit pas de mourir et le XXIème siècle est déjà là. Il faut casser les codes et accepter de former plus vite avec tout autant de rigueur. »

Comment réagir quand un jeune alternant quitte l’entreprise après sa formation ?

« Ce n’est pas en investissant sur une personne qu’elle nous appartient. Il faut l’accepter. Si on en fait une dramaturgie, on n’est pas dans le bon tempo. Si on se dit que le jeune peut devenir un ambassadeur de votre entreprise et y revenir, c’est plus positif. »

Quel type de manager êtes-vous ?

« Je suis dur avec les faits et bienveillant avec les gens. Le problème, c’est l’infantilisation. Dès qu’on déresponsabilise quelqu’un, on lui donne un mental de chips. Il ne peut même plus contester. Il faut apprendre à déléguer, à donner du pouvoir, à donner le bon ordre et à autoriser à faire des erreurs de temps en temps. L’erreur peut devenir une opportunité pour améliorer l’expérience client, et l’analyse de l’erreur peut être partagée. Si on embauche quelqu’un sans lui donner le droit à l’erreur, on l’ampute de 50% de ses capacités opérationnelles. »

Et l’intelligence artificielle dans tout ça ?

« Un grand chef japonais m’a dit « notre métier c’est de donner de la mémoire à l’éphémère ». Ce qui m’importe, c’est de faire vivre des expériences durables aux clients. Comme vous. Si l’IA m’aide à faire ça, je veux bien m’en servir. Aujourd’hui, elle m’aide à planifier ma production dans mes hôtels et mes restaurants. Cela donne de la liberté pour pouvoir investir sur l’humain, l’hospitalité et me débarrasser des irritants de nos métiers. Mais cela ne va pas tout remplacer. »

A lire aussi :

1 commentaire
  1. Anonyme dit

    Au moment où la France amorce son déclin démographique, ces propositions sont pleines de bon sens… A rapprocher des judicieuses suggestions de LFI et du RN sur l’âge de la retraite….

Laisser votre commentaire (qui sera publié après moderation)

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Dans la même rubrique