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Air France et la tentation du low cost

La compagnie cherche à contrecarrer la croissance des low cost sur son marché court-courrier, en difficulté. Parmi les solutions envisagées, la création de sa propre structure à bas prix.

Après le projet Mimosa, évoqué en début d’année, l’hypothèse d’une low cost filiale d’Air France qui opérerait sur le territoire français est revenue en force la semaine dernière, après les révélations faites par le journal Les Échos. Selon le quotidien, la compagnie réfléchirait à la création d’une structure « low cost » pour ses vols intérieurs, avec l’implantation de bases à Marseille, Nice et Toulouse pour contrer la rude concurrence des compagnies à bas coûts. « Il y a des réflexions en cours pour trouver un outil qui permette de combattre les compagnies low cost. Parmi les scénarios envisagés, il y a la création d’une nouvelle entité à l’intérieur du groupe Air France-KLM », confirmait dans la foulée une source anonyme citée par l’AFP. Ce projet, qui porterait le nom « Air France Express », pourrait voir le jour dès l’année prochaine. Il faudra d’abord que cette réflexion aboutisse sur une négociation, forcément délicate, avec les syndicats. En effet, « leur approbation est indispensable », assurait une source chez AF, « pour baser des pilotes en province ». Les équipages seraient à disposition localement et rayonneraient à partir de ces bases, ce qui réduirait par exemple les coûts des équipages en « découcher », c’est-à-dire ceux qui dorment à l’hôtel en province. Dans cette hypothèse, des pilotes volontaires seraient davantage sollicités que leurs collègues parisiens, permettant d’augmenter leur productivité et de réduire ainsi les écarts existants dans ce domaine entre le transporteur aérien et ses concurrents low cost. Selon Les Échos, le scénario tablerait sur un nombre d’heures volées compris entre 650 et 700 par an, contre 560 en moyenne actuellement, alors que les pilotes d’easyJet assurent 750 heures de vols annuelles.

LES LIMITES D’UN MODÈLE

Conscient des limites de son modèle, rendu particulièrement vulnérable avec la crise, Air France veut donc le faire évoluer. En janvier 2010, un projet low cost, baptisé Mimosa, avait déjà été discuté en interne, puis abandonné quelques mois plus tard. AF voulait s’appuyer sur sa filiale Transavia pour lancer une à quatre liaisons low cost depuis Nice, mais ni la filiale, ni les syndicats, ni même la direction n’avaient donné suite. La compagnie a ensuite lancé en mars dernier l’offre NEO (New European Offer), prévoyant, entre autres, l’introduction d’une offre Premium (Éco et Affaires) sur sa gamme moyen-courrier, destinée à capter une clientèle nouvelle, mais aussi à faire remonter sa recette unitaire, nécessitée absolue pour un groupe qui a affiché l’an dernier un résultat net négatif de 1,55 MdsE. Après quelques mois de service, NEO semble satisfaire la compagnie : « Entre mai et juin, les sièges Premium ont généré 60 % de passagers en plus que ceux de l’ancienne classe Tempo Challenge », assure-t-elle. Mieux, cette nouvelle classe a amélioré la rentabilité des lignes sur lesquelles l’offre est disponible, mais sans qu’AF ne précise dans quelle mesure. Toutefois, « la compagnie n’a pas retrouvé ses niveaux d’avant-crise sur le moyen-courrier », concède-t-elle. La solution passera peut-être par l’activation du second volet de NEO : réduire les coûts d’escale de la compagnie de 20 % d’ici à 2013. Pour y parvenir, la solution low cost, qu’elle s’appelle Mimosa ou AF Express – ou autre – semble inévitable.

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