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Rentabilité : les voyagistes ont raté le rendez-vous

Avec des marges toujours aussi faibles et une reprise qui se fait attendre, les tour-opérateurs sont en permanence sur la corde raid

Exercice après exercice, la rentabilité des TO s’ef-frite. Les marges du secteur n’ont jamais été très fortes en France, mais trois années de crise, depuis le 11 Septembre, ont encore fragilisé des entreprises en panne de résultats. Certes, une trentaine de voyagistes seulement dans notre palmarès affichent des pertes pour l’exercice 2003, c’est à peine plus qu’en 2002. Mais la rentabilité globale du secteur est toujours aussi faible, tout juste 0,6 %. Et si l’on inclut les pertes du Club Med (94 ME), les résultats de l’ensemble de la profession plongent dans le rouge. Les bénéfices cumulés par les autres TO référencés dans notre palmarès atteignent quant à eux péniblement 45 ME (65 ME en 2002), une paille comparée aux 8,2 milliards de chiffre d’affaires global.

Des poids lourds notables comme Fram ou Look Voyages ont rejoint la liste des entreprises déficitaires en 2003. Restent heureusement quelques belles exceptions : ainsi Go Voyages, champion des bénéfices avec 5 ME dégagés, ou encore Marmara/Etapes Nouvelles qui a augmenté ses gains l’an dernier et valide ainsi, exercice après exercice, la pertinence de son modèle industriel. En 2004, le groupe a encore poursuivi son développement avec un chiffre d’affaires en progression de 25 %, à 335 ME et surtout un résultat net quasi doublé, pour 715 000 clients. Un bilan exceptionnel qui placera cette année l’entreprise dans le tiercé de tête des TO (devant Fram) en nombre de passagers.

Les entreprises plus que jamais sur le fil du rasoir en 2004

Switch, Donatello, Voyageurs du Monde, Capitale Tours, Voyamar, habitués des lauriers, ou encore Kuoni, sont parmi les entreprises les plus bénéficiaires de 2003. Plein Vent retrouve une place enviable dans notre palmarès avec un résultat net qui frise le million d’euros et un ratio de rentabilité excellent, à 2,8 %. Le mérite en revient à une gestion rigoureuse et à la prise de risques aériens et hôteliers payants. Le TO (actionnaire d’Air Méditerranée) a lancé en 2003 la Bulgarie (avec la mise en place de chaînes charter de Marseille et de Lyon) et la Croatie cette année, en prenant en gestion pour cinq ans un hôtel de 180 chambres.

Distingué aussi au palmarès de la rentabilité, le spécialiste de la location Next (résidences, villages de vacances, mobil-homes) est une petite structure (cinq salariés) qui creuse son sillon avec pertinence. Sur le créneau des voyages scolaires, Envol Espace est tout aussi performant. Preuve que la spécialisation reste l’un des meilleurs atouts sur un marché où les généralistes se livrent une concurrence sans merci.

L’arrivée de nouveaux opérateurs, TUI à l’automne 2003 et Thomas Cook en janvier dernier, ont d’ailleurs encore tendu les marges sur un marché qui ne grossit pas. Les TO espéraient voir le bout du tunnel en 2004. Une fois encore, l’exercice a été plus difficile que prévu, et les entreprises sont sur le fil du rasoir. De quoi accélérer la recomposition du secteur et obliger les voyagistes à faire des choix de stratégie clairs pour l’avenir.

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