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Rachat de Transat France par TUI : quel impact pour les salariés ?

Si elles vont à leur terme, les négociations exclusives menées par Transat AT avec le groupe TUI pour la cession de Look Voyages et Vacances Transat auront des conséquences inévitables sur l'emploi.

Quelle sera la configuration du nouvel ensemble formé par TUI France et Transat France ? Dix jours après l'annonce du groupe TUI confirmant avoir déposé une offre ferme de rachat des activités tour-operating de Transat, soit Vacances Transat et Look Voyages, il est trop tôt pour en avoir une idée précise. L'incertitude prévaut notamment sur la forme juridique que prendra ce rachat. TUI AG procèdera-t-il à une fusion de TUI France et de Transat France ? Y aura-t-il filialisation ? Ou encore création d'une entité juridique distincte ?

Une belle opération sur le papier

On devrait en apprendre un peu plus d'ici la mi-juin. La notification aux autorités européennes de la concurrence aura alors été faite, et les modalités de reprise détaillées. Le Comité d'entreprise de Transat France pourra émettre un avis consultatif. Tout comme celui de TUI France.

Plusieurs CE extraordinaires se sont déjà tenus ces derniers jours dans les deux entreprises. "Mais nous avons pour le moment peu d'informations", remarque Lazare Razkallah, secrétaire (CGT) du Comité d'entreprise de TUI France. "Lorsque le projet de reprise sera présenté, un expert sera désigné par le CE qui rendra un avis en conséquence".

"Nous avons néanmoins accueilli cette annonce favorablement", poursuit Lazare Razkallah. "Sur le papier et sur le plan du business, c'est une bonne opportunité pour TUI France. Il y a une complémentarité évidente entre les clubs Marmara orientés moyen-courriers et les Lookéa bien positionnés en long-courrier. Nos compagnies aériennes maison, Corsair et Jetairfly, ont tout à y gagner. C'est aussi une bonne nouvelle en termes de puissance d'achats. Par ailleurs, Look Voyages dispose d'un beau réseau d'agences et les deux TO de Transat sont forts en groupes".

"On ne crie pas pour autant victoire", remarque le secrétaire du CE de TUI France. "Il faut rester humbles. On constate ainsi qu'il faut aujourd'hui racheter une entreprise qui gagne de l'argent alors que nous nous en perdons, débourser plus de 50 millions d'euros pour récupérer des parts de marchés perdues et se repositionner notamment en long-courrier, quand Nouvelles Frontières et ses clubs Paladien occupaient il y a encore quelques années le terrain. C'est le manque de croissance organique sur un marché en panne et des arbitrages faits par le passé qui justifient cette acquisition".

Des arbitrages à craindre

Si elle fera de TUI France un leader incontesté sur le marché français, la transaction lorsqu'elle sera effective aura par ailleurs un impact inévitable sur l'emploi. "On rachète une entreprise aussi grosse que la nôtre", note Lazare Razkallah. "Il y aura forcément des doublons. On s'attend à ce qu'il y  ait des conséquences sociales. Et ce n'est pas parce qu'on est du bon côté du manche que les salariés de TUI France seront protégés". 

Transat France et Tourgreece (le réceptif grec également concerné par l'offre de rachat) emploient quelque 800 personnes. De son côté, TUI France compte 760 salariés. "Il y aura des arbitrages en fonction des besoins mais aussi des compétences", estime le secrétaire du CE. "L'inquiétude est justifiée dans les deux entreprises même s'il est trop tôt encore pour spéculer". Un sentiment vraisemblablement partagé chez Transat France où les élus ne font aucun commentaire.

"On est donc contents mais extrêmement vigilants", résume Lazare Razkallah qui espère que la casse sociale sera limitée et les départs éventuels accompagnés. "Nous ne nous trouvons pas dans le cadre d'une restructuration dure comme par le passé. TUI rachète pour faire de la croissance. On espère que l'actionnaire saura en tenir compte et se montrer généreux".

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