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Nihal Illeperuma (Visit Lanka) : « On ne va pas laisser tomber le tourisme à cause d’un virus ! »

A la tête du réceptif Visit Lanka, Nihal Illeperuma raconte comment il traverse la crise sanitaire, avec un amour pour son métier intact. Et il partage ses espoirs pour la reprise.

Nihal Illeperuma

Depuis bientôt 40 ans qu’il travaille dans le tourisme, il a connu la guerre civile, les attentats… Mais jamais aucune période ne lui avait semblé aussi longue et difficile, confie Nihal Illeperuma, à la tête du réceptif Visit Lanka. Pas question pour autant de jeter l’éponge. Lorsqu’on lui demande si la crise de la Covid pourrait l’inciter à raccrocher, la réponse est catégorique. « On a survécu à trente ans de guerre civile, on ne va pas laisser tomber le tourisme à cause d’une maladie qui va durer deux ou trois ans ! », assure-t-il. « C’est notre métier et on adore ce métier. On sait que les gens qui aiment le Sri Lanka voudront très vite y revenir. Je suis en bonne santé, je garde le courage.”

En attendant des jours meilleurs, Nihal Illeperuma a dû se réorganiser. Et l’a fait sans perdre de temps. “Nous avons arrêté notre activité tout de suite, dès que les derniers clients sont partis. Nous avions de beaux bureaux, avec beaucoup d’espace. Nous avons déménagé, explique-t-il. Cela nous a permis d’économiser un peu sur les loyers. Nous payons toujours 50% du salaire de nos collaborateurs, de la poche de la société pour les équipes qui restent. Certains ont pu trouver du travail dans d’autres secteurs moins touchés par la crise, alors ils sont partis. »

« Nous pouvons tenir »

Désormais, son équipe se réduit à cinq personnes. L’activité, elle, est à zéro. L’aéroport étant fermé, aucun touriste étranger ne peut pénétrer sur l’île depuis de longs mois. “Au fil des différentes crises, j’ai vite appris qu’il ne fallait pas investir tous les profits de l’entreprise dans le même panier, explique Nihal Illeperuma. Nous avons investi notre argent dans d’autres domaines, c’est ce qui nous permet de tenir financièrement aujourd’hui. Ça nous donne une sécurité. Grâce à ça, on peut se permettre de tenir un ou deux ans.” Tous au Sri Lanka n’ont pas cette chance, observe-t-il. “Il y a beaucoup de petites agences de voyages qui n’ont pas d’oxygène, pour qui c’est déjà terminé.”

S’il garde espoir, c’est aussi que certaines nouvelles sont rassurantes. “Si le vaccin arrive au premier semestre 2021, alors nous pourrons peut-être sauver l’hiver, qui représente la saison haute sur le marché français, espère-t-il. Nous sommes toujours très en contact avec les TO avec qui nous travaillons habituellement, notamment TUI. Pour le moment nous n’avons pas d’annulation des dossiers qui étaient prévus, seulement des reports sur 2021 ou 2022.”

Le retour des vols directs avec la France ?

Le gouvernement a annoncé que l’aéroport pourrait rouvrir à partir du 15 mars 2021. L’échéance a déjà été repoussée à plusieurs reprises, mais c’est un peu de lumière, malgré tout, au bout du tunnel.

Surtout, une autre bonne nouvelle, cruciale pour la destination, se dessine à l’horizon : les connexions directes depuis la France sont de nouveau à l’ordre jour, le nouveau gouvernement y étant favorable.

Des vols au départ de Paris pourraient donc de nouveau être mis en place trois fois par semaine, à partir du mois de mai 2021. Une annonce qui pourrait bel et bien, le moment venu, booster les performances de la destination sur le marché français.

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2 commentaires
  1. Cord'Homme dit

    Courage Nihal
    On se retrouve tres vite
    Cyrille Cord’Homme

  2. Jean-Hervé Cristol dit

    Sentiment partagé, mon cher Nihal, nous attendons avec patience les voyageurs sur l’île qui aura conservé intacts ses atouts : petite île, au milieu de l’océan et loin du tumulte, patrimoine culturel, nature sauvage et préservée, plages désertes et accueil de sa population.
    A signaler que seuls 30 morts du Covid et quelques milliers de cas, cqfd sécurité et rigueur sanitaire.
    Acceptons le miracle de l’impermanence, »Tomorrow is another day » comme on dit au Sri Lanka !

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