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Moyen-Orient

Ce sont Dubaï et Oman qui ont fait recette en 2006. Alors que la guerre au Liban a plombé le Proche-Orient et que l’Egypte a continué à s’écrouler.

L’année 2006 est certainement l’une des pires qu’a connue le tourisme au Moyen-Orient depuis 2001. La guerre libano-israélienne durant l’été a une fois de plus montré à quel point la région est sensible, avec des conflits latents qui n’attendent qu’une étincelle pour provoquer un embrasement général.

Premier touché par cette guerre éclair très médiatisée, le Liban aura du mal à restaurer son image touristique sur le marché français. Avec une fréquentation qui s’est écroulée de 17 %, le pays du Cèdre est surtout sorti des brochures de la plupart des TO, lesquels attendent des jours meilleurs pour le réinscrire. De même Israël est toujours en quarantaine touristique, sauf chez les traditionnels spécialistes du pays. Ceux-ci ont accusé le coup (-75 % chez Touriscope, -66 % chez Joubert Voyages) mais gardent le cap avec une clientèle ethnique fidèle et la sérénité de ceux qui en ont vu d’autres.

La Jordanie est plus mitigée, qui subit depuis des années le contrecoup des crises à répétition de la région. Certes, malgré les attentats d’Amman à l’automne 2005 et la guerre chez ses voisins à l’été 2006, le pays a plutôt bien résisté. Pour preuve, l’augmentation du nombre de touristes internationaux (+13 %), en partie en provenance des pays voisins. Même le marché français (quatrième clientèle européenne) a tenu bon. Les touristes hexagonaux ont été 32 097 à découvrir le royaume hachémite et ses merveilles. Mais l’envolée de 2005 (+25 %) s’est tassée et l’on reste surtout loin des 54 000 arrivées de 2000.

Les TO affichent d’ailleurs presque tous des performances à la baisse, à l’exception de Kuoni. L’office du tourisme (très actif) reste cependant optimiste et compte bien repasser la barre des 40 000 Français cette année (ou plus vraisemblablement en 2008). Sur place, les investissements vont bon train avec notamment une extension en cours de l’aéroport d’Amman (9 millions de passagers pourront être accueillis en 2009), et de très nombreux projets hôteliers haut de gamme sur la mer Rouge (Aqaba) et sur les rives de la mer Morte. Fin 2008, le Kempinski Ishtar Deas Sea y proposera le plus grand Spa du Proche-Orient. De quoi inciter les TO à élargir leur offre. Air Link pourrait d’ailleurs reprogrammer son vol charter hebdomadaire Paris-Aqaba, supprimé cette année, dès avril prochain.

L’Egypte a connu un désamour inédit de par sa durée

Pénalisée pour les mêmes raisons que la Jordanie, la Syrie a fait grise mine l’an dernier (-19,1 %). Tout comme l’Iran, décidément trop sulfureux. Destination tout aussi confidentielle et controversée, le Yémen a (curieusement !) bondi de 77,5 %, faisant le bonheur de quelques TO culturels ou d’aventure. Les touristes, que n’effrayaient pas les risques d’enlèvements folkloriques, risquent toutefois d’être refroidis par l’attentat du 2 juillet, qui a causé la mort de 9 voyageurs espagnols. Les quelques voyagistes qui ont maintenu leurs départs ne sont guère enthousiastes pour la saison à venir.

Bien plus prometteuse est la situation d’Oman. Le petit sultanat du golfe a décollé de façon spectaculaire. Dans le sillage de Dubaï, qui séduit, saison après saison, de nouveaux tour-opérateurs (ainsi Empreinte, Tourinter ou Royal Tours cet hiver), mais avec un exotisme plus affirmé, Oman a vu sa fréquentation française bondir de 70 %. Il faut dire que même sans vol direct, la destination a tout pour séduire : islam tolérant, hôtellerie haut de gamme, soleil toute l’année, mer, montagnes, désert, oasis, et même une histoire et des traditions ! Un sans-faute ou presque, que les TO sont de plus en plus enclins à exploiter. Leur nombre dans le pays a doublé en 2006. Certes, les ventes sont encore confidentielles, mais le potentiel est réel, avec une offre de base (circuit découverte + luxueux hôtels balnéaires) qui s’enrichit. A la mode également, la Libye a plutôt bien tiré son épingle du jeu l’an dernier.

C’est loin d’être le cas de l’Egypte, plus qu’à la peine avec 120 000 touristes français de moins, et des TO jugeant l’année catastrophique. Depuis l’été 2005, le pays des Pharaons a connu une désaffection inédite de par sa durée. Attaque de Taba en octobre 2004, crash aérien début 2005, attentats à Sharm El-Sheikh en juillet et bombes à Dahab le 24 avril 2006… l’Egypte n’a pas été épargnée. Le tout sur fond de campagne électorale à l’automne, qui n’a pas contribué à diffuser une image positive …

Autant d’éléments qui expliquent le désamour de la clientèle française. Les tour-opérateurs en ont largement fait les frais, Marmara en tête qui a perdu 50 000 clients par rapport à 2005 ou Fram (-19 000). Le haut de gamme a mieux résisté mais la vraie reprise ne semble s’annoncer que pour l’hiver 2007/2008. Tous les voyagistes croisent les doigts, et ont soigné leurs productions en conséquence…

Le sans-faute d’Oman : islam tolérant, hôtellerie haut de gamme, soleil toute l’année, mer, montagne, désert et même… une histoire.

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