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Les crises arabes mettent la croisière en alerte

Après une progression de 12 % du nombre de passagers maritimes l’an dernier, le secteur entame 2011 les yeux rivés sur la situation au Maghreb et au Moyen-Orient.

Le marché français de la croisière maritime est désormais un métronome parfaitement réglé. Comme en 2009 et 2008, le nombre de passagers hexagonaux a progressé de 12 % en 2010, pour atteindre les 387 000 clients, selon les chiffres de l’AFCC (Association française des compagnies de croisières). Une croissance en ligne avec celle du marché européen dans son ensemble, qui a grimpé de 4,9 millions à 5,4 millions de passagers. La France fait néanmoins toujours figure de Petit Poucet du secteur, durablement installée à la cinquième place des marchés émetteurs européens, loin derrière le Royaume-Uni (1,6 million de passagers), l’Allemagne (1,2 million), l’Italie (889 000) et l’Espagne (645 000). Les croisières fluviales, quant à elles, ont attiré environ 190 000 passagers français l’an dernier, soit un rebond de + 14 % après le recul enregistré en 2009.

Dans le détail, « tous les segments de marché ont profité de la hausse, commente Georges Azouze, le président de l’AFCC, de l’entrée de gamme au luxe, des croisières culturelles à la française aux vacances familiales à bord de resorts flottants, et de la Méditerranée aux destinations long-courrier ».

DES VENTES AU RALENTI DEPUIS MARS

Les eaux méditerranéennes sont cependant celles qui ont le mieux tiré leur épingle du jeu : la zone, logiquement la plus visitée par les croisiéristes tricolores (elle attire plus des deux tiers d’entre eux), a ainsi vu sa fréquentation progresser de 17 % l’an dernier, portée par une forte croissance du nombre de navires et une explosion des départs en tête de ligne depuis les ports français, Marseille en tête. À l’inverse, l’Europe du Nord a sérieusement dévissé (- 34 %), conséquence principalement de l’éruption du volcan islandais et, dans une moindre mesure, de la disparition de Marsans (dont les programmes ont toutefois été assurés par NDS Voyages).

Mais les révolutions dans le monde arabe et la guerre en Libye pourraient bien gripper la mécanique en 2011. Car, même si les compagnies jugent l’hiver satisfaisant, elles reconnaissent une pause dans les ventes depuis début mars. « Pas d’annulations, mais un attentisme des clients, qui hésitent à réserver, confirme Georges Azouze. Nous avons cependant une capacité que n’ont pas les TO opérant à terre, temporise le président de l’AFCC : nous pouvons modifier nos escales, même si ce sont des décisions difficiles à prendre. » Plusieurs armateurs ont d’ailleurs déjà changé leurs itinéraires pour éviter la Tunisie jusqu’à la fin de l’année. Costa s’est également retiré des ports égyptiens de Méditerranée et d’Israël. Mais les compagnies n’envisagent pas pour l’instant de revoir à la baisse leurs prévisions de croissance pour 2011. L’arrivée de nouveaux navires et la multiplication des départs de France devraient, espèrent-elles, continuer « mathématiquement » à stimuler le marché…

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