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Les 35 heures n’avantagent pas les voyages

Les Français qui bénéficient des 35 heures consacrent leur temps libre supplémentaire à se reposer, à voir leur famille et à bricoler.

L a réduction du temps de travail (RTT) a-t-elle profité aux agences de voyages ? Pas vraiment si l’on en croit une enquête réalisée par la direction du tourisme dans le cadre d’une étude du Credoc.

D’abord parce que moins d’un Français sur trois profite à ce jour de l’aménagement du temps de travail. Mais surtout parce que les bénéficiaires de la loi n’ont pas profité de leurs jours de repos supplémentaires pour partir en vacances. 47 % affirment ainsi consacrer plus de temps au repos, 45 % à la famille, 41 % au bricolage ou au jardinage. Ils ne sont que 16 % à partir plus souvent en voyage. Plus que jamais, les magasins de bricolage constituent les principaux concurrents des agences de voyages !

On constate par ailleurs un fort décalage entre les attentes des Français qui ne sont pas encore passés aux 35 heures (31 % d’entre eux comptent consacrer plus de temps aux voyages) et la réalité du terrain. L’impact réel de la RTT est donc en pratique bien plus faible que ce que l’on imagine avant d’en bénéficier.

Seconde tendance de fond : les 35 heures jouent autant, sinon plus, sur la façon de partir que sur le taux de départ. 20 % des bénéficiaires ont accolé des jours de RTT à leurs jours de congés et 12 % déclarent avoir pu partir davantage en week-end.

L’hébergement non marchand a la cote

Toutefois, les deux changements les plus significatifs concernent les départs au dernier moment (16 % des bénéficiaires disent être davantage partis de façon non planifiée) et les décalages des heures de départ ou d’arrivée. Une évolution majeure qui oblige les professionnels à plus de réactivité, en conservant des stocks le plus longtemps possible et en proposant plus de départs le jeudi et plus de retours le lundi.

Enfin, il ressort que la loi Aubry a profité pour l’essentiel aux déplacements près de chez soi et à un hébergement non marchand, en famille ou chez des amis. Ainsi, 13 % des bénéficiaires affirment être partis plus souvent en week-end près de chez eux depuis un an, contre 3 % à l’étranger. Par ailleurs, les 35 heures ont contribué à accroître les inégalités face aux vacances. Ceux qui partaient déjà le plus en vacances et en week-end, en particulier les cadres et les Franciliens, sont avantagés. Question de moyens naturellement. Plus de temps libre ne signifie pas nécessairement plus d’argent.

Les 35 heures n’ont donc, pour le moment, que très partiellement contribué à faire augmenter le nombre de vacanciers. Rappelons que seulement un Français sur deux est parti en vacances (plus de quatre nuits consécutives hors du domicile) l’an dernier.

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