Retrouvez l'actualité du Tourisme pour les professionnels du secteur tourisme avec l'Echo Touristique : agences de voyages, GDS, prestataires spécialisés, voyagistes

Le système de crédits carbone remis en question

De nombreux crédits seraient truqués. Conséquence : une hausse de leur prix qui impacterait les compagnies aériennes dès 2012.

L’efficacité des mécanismes d’échanges de crédits carbone dans la lutte contre le réchauffement climatique est de nouveau remise en question. En un mois, les crédits issus de six usines asiatiques participant au Mécanisme de développement propre (MDP) ont été gelés par l’Organisation des Nations unies (ONU). Ces installations ont toutes obtenu des crédits issus du MDP, grâce aux émissions « évitées » suite à la destruction d’un puissant gaz à effet de serre, le HFC23 (65 % des crédits du MDP provenaient d’installations de ce type en 2005). Problème, selon des ONG, le calcul effectué par les Nations unies a permis aux industries chimiques de gonfler artificiellement la production de gaz polluant, faisant de ces crédits des faux. L’impact sur le monde du tourisme n’est pas immédiatement visible. Mais la raréfaction des crédits MDP, a déjà fait bondir leur prix de 10 % en dix jours, entraînant la hausse des prix des crédits ETS (Emissions trading scheme), issus du système des quotas européens. Un système auquel les compagnies aériennes volant depuis ou à partir de l’Europe devraient être soumises dès le 1er janvier 2012. À partir de cette date, elles devront acheter 15 % de leurs quotas (85 % seront alloués gratuitement) aux enchères. Une obligation qui coûtera plusieurs milliards d’euros au secteur selon le prix de la tonne de carbone. Ainsi, Air France, avec 15 millions de tonnes de CO2/an, aurait à débourser 45 ME par an pour une tonne à 20 E. Une somme qui pourrait toutefois augmenter sérieusement si une approche plus volontariste de la lutte contre le réchauffement climatique est adoptée. Selon l’Agence internationale de l’énergie, si on veut réduire les émissions globales de 50 % en 2050, il serait nécessaire de fixer un prix marginal de plus de 500 $ (388 E) la tonne de CO2.