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Le Snav sent un « frémissement »

L’Assemblée générale du Syndicat national des agences de voyages (Snav), qui s’est tenue à Paris le 23 avril, a été l’occasion de faire un point sur l’activité impactée par la guerre en Irak et l’épidémie de pneumopathie en Asie. Côté tour-operating tout d’abord, les voyagistes enregistrent aujourd’hui un recul des réservations de l’ordre de  -15% en moyenne, contre -30 à -35% ces dernières semaines, par rapport à la même période en 2002. Vers la Turquie, l’un des pays du bassin méditerranéen les plus touchés avec la Tunisie et l’Egypte, Pacha Tours est ainsi passé de – 70% au cœur de la crise à -35%.  « Pour relancer la machine» selon Philippe Demonchy, porte parole du Snav, les TO multiplient les gestes commerciaux comme l’avion gratuit, la deuxième semaine pour un euro, la possibilité d’annuler sans frais, la réservation jusqu’à J-1, etc. 

Côté distribution, en raison de l’attentisme général, une forte baisse des ventes a été enregistrée en mars-avril, et mai-juin se présente sous les mêmes auspices en raison des effets de la pneumopathie. Certains TO et agences spécialisées sur l’Asie pourraient ainsi se retrouver prochainement dans une situation difficile. Jean-Paul Chantraine, PDG d’Asia, souligne que la surmédiatisation autour de l’épidémie a entraîné un amalgame qui pénalise toutes les destinations asiatiques, y compris des destinations non touchées par le virus comme comme la Birmanie, le Laos, le Cambodge…

Pour le reste, même si un « frémissement » est perceptible depuis la fin du conflit, Philippe Demonchy s’inquiète du fait que la Turquie et la Tunisie représentent pour les agences un volume d’environ 1,3 million de clients, sur un total de 6 millions de forfaits. « Les ventes perdues ne seront pas rattrappées et ces voyages, qui représentent souvent de petits budgets, sont difficilement transférables sur d’autres destinations», considère le président du réseau Sélectour, qui enregistre lui-même une baisse de facturation en mars de 3,5% par rapport à mars 2002. La billetterie affaires aurait, pour sa part, chuté de 20% en avril. 

Sur le marché des groupes, la situation est jugée complexe, les reports sur d’autres destinations étant difficiles. Enfin, côté réceptif, la baisse des touristes étrangers en France n’est finalement évaluée qu’à -15%. Optimiste, Philippe Demonchy estime que tout devrait repartir dans les prochaines semaines. Une campagne de communication du Snav en radio et télévision pourrait aider les clients à retrouver le chemin des agences de voyages, pour peu que les pouvoirs publics acceptent de participer à son financement.