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Le Dreamliner devient le cauchemar de Boeing

Les appareils pourraient rester cloués au sol plusieurs semaines encore. L'impact financier pour les compagnies aériennes et le constructeur se chiffre en milliards d'euros.

Le 16 janvier, une des batteries lithium-ion d'un Boeing 787 d'ANA (All Nippon Airways) prenait feu, obligeant l'appareil à se poser en urgence. Depuis, la cinquantaine de Dreamliner exploitée dans le monde est clouée au sol et les pertes s'accumulent.

Le problème était pourtant connu. ANA et JAL (Japan Airlines) ont reconnu, la semaine dernière, avoir dû changer plusieurs de ces batteries sur des Boeing 787. Un article du New York Times a également dévoilé que les compagnies aériennes ont fait part à Boeing de ces remplacements, mais « sans en avoir parlé aux autorités de sécurité aérienne car ces avaries n'étaient pas considérées comme présentant un danger particulier ».

L'enquête en cours, qui réunit le NTSB au Japon, la FAA aux États-Unis, et Boeing, mobilise plus de 100 personnes. Mais les premières analyses des batteries n'ont pas permis de trouver l'origine du problème et les ingénieurs vérifient maintenant l'intégralité du système électrique, conçu par Thales SA. Une opération qui pourrait prendre encore plusieurs semaines ou voire plusieurs mois.

 

DES PERTES ABYSSALES ATTENDUES POUR BOEING

 

L'impact pour Boeing et les compagnies aériennes se chiffrera en milliards d'euros si la situation n'est pas réglée rapidement. ANA, avec ses 17 Dreamliner et peu d'appareils de substitution, est la compagnie la plus exposée. Elle a déjà dû annuler 459 vols entre le 15 et le 31 janvier et prévoit la suppression d'au moins 379 vols pour le mois de février, pour un coût d'environ 800 000 euros par jour. D'autres compagnies sont également touchées, notamment Qatar Airways, United Airlines, LOT, Air India ou JAL qui évaluent les pertes à moins de 5 millions d'euros par mois.

Mais le grand perdant devrait être Boeing. D'après La Tribune, le constructeur aurait déjà provisionné 500 millions d'euros par mois pour financer les pénalités aux compagnies. Le ministre indien de l'Aviation civile, Ajit Singh, a déjà demandé une indemnisation pour Air India et d'autres compagnies envisagent de suivre le mouvement. Plus inquiétant, Qantas Airways a annoncé l'annulation de la commande d'un exemplaire prévu pour sa filiale Jetstar et la compagnie polonaise LOT a mis en suspend une commande de six appareils. Air India, de son côté, a expliqué qu'elle revendrait les 16 appareils encore en commande à une société de leasing pour ensuite les louer. Boeing, qui a interrompu la livraison de tous les Dreamliner, pourrait également avoir à régler une facture conséquente pour les retards de livraison. Les premiers exemplaires livrés avaient déjà quatre ans de retard sur le planning. Et plusieurs compagnies, dont JAL ou ANA, revoient actuellement leurs plans de développement, annulant l'ouverture de certaines lignes, faute d'appareils disponible.

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