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L’ancien candidat au poste de PDG d’Air France se lâche

Dans une lettre, Philippe Capron raconte sa candidature gâchée et critique le projet d’AccorHotels de vouloir racheter la part que détient l’État dans Air France-KLM. Selon lui, son hostilité à ce projet, dérangeait la direction d’AccorHotels.

Pendant 10 jours, Philippe Capron a été pressenti pour diriger Air France-KLM. Mais après avoir été publiquement critiqué par Bruno Lemaire, le ministre de de l’Économie et des Finances, et par Delta, le directeur financier de Veolia a jeté l’éponge, cédant sous la pression des deux actionnaires.

Dans un courrier adressé à Anne-Marie Couderc, la présidente par intérim d’Air France-KLM et du comité de nomination du groupe, La Tribune nous révèle que l’ancien candidat reste amer. Son éviction par l’État, mais aussi le projet d’AccorHotels de racheter les 14% que détient l’État français dans Air France-KLM ne passent pas.

Le groupe AccorHotels, vrai responsable ?

« J’avais commencé à me présenter aux autres administrateurs, écrit l’énarque, quand une intervention extérieure a bloqué ce processus, marquant un curieux dévoiement de la gouvernance de cette entreprise privée dont l’Etat ne détient que 14% »

Ce qui a donné l’occasion « à tous ceux qui estiment avoir le droit de cogérer l’entreprise d’avancer leurs agendas particuliers et de s’immiscer dans le processus, dans une coalition d’intérêts hétéroclites ».

Qui ? Par exemple AccorHotels, qu’il soupçonne de vouloir « faire main basse à bon compte sur Air France-KLM et l’affaiblir ». De cette vente de l’État de ses 14,3 % d’Air France KLM au groupe hôtelier, Philippe Capron a une idée bien établie : « Chacun s’accorde à voir dans la sortie de l’Etat du capital une des conditions du redressement du groupe. Mais cette sortie ne doit pas se faire au profit d’intérêts privés, déterminés à prendre le contrôle rampant de l’entreprise, surtout au travers d’un montage qui mobiliserait des capitaux communautaires dans le simple but de contourner la loi. Je comprends bien l’intérêt de collaborations commerciales et industrielles mais elles sont possibles sans prise de participation, dès lors qu’elles sont bénéfiques aux deux entreprises. On peut sérieusement se demander si l’acheteur évoqué par la presse ne vise pas surtout à piller les données commerciales d’Air France-KLM ou à utiliser votre Groupe comme une ‘poison pill’ pour se mettre lui-même à l’abri d’une prise de contrôle -déjà bien engagée -par des intérêts extra-communautaires. Un tel mouvement serait d’autant plus scandaleux que le cours actuel est loin de refléter la valeur réelle de la société. »

Un énarque certes.. mais pas que

Concernant sa candidature, il assume son CV : « J’ai certes fait l’Ena, mais j’ai très vite démissionné de l’administration et je travaille pour des entreprises privées internationales depuis trente ans. »

« Il m’a avant tout été reproché de ne pas avoir d’expérience du transport aérien, ce qui est exact. Mais Christian Blanc n’en avait pas non plus quand il est arrivé chez Air France. J’observe par ailleurs que les membres du Comex actuel du groupe cumulent plus de 250 années d’expérience dans le domaine de l’aérien. Peut-on dire que ces compétences manquent chez Air France-KLM ? Ou qu’elles soient gages de succès ? »

Air France devra se serrer la ceinture

Puis il concut sur les qualités de  la compagnie aérienne et ce qu’il avait envisagé pour elle. « Une piste, consisterait à utiliser la participation de l’Etat pour accroitre fortement l’actionnariat salarié, afin d’associer le personnel au redressement de l’entreprise ».

Pour sauver l’entreprise, il faudra «s’attaquer au sujet de la compétitivité du groupe, et d’Air France en particulier, en matière de coûts et donc de marges. Confronté à la concurrence des low-cost et de compagnies exotiques subventionnées, le groupe ne trouvera son salut que dans une gestion stricte de ses coûts et dans une organisation plus flexible. En mettant à part frais de personnel, carburant, loyers ou amortissements de la flotte, le montant des dépenses résiduelles et donc des économies potentielles est considérable. Il justifierait une approche véritablement industrielle de la réduction de coûts. »