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La Méditerranée, nouvel eldorado des croisières hivernales

Lancées il y a dix ans, les navigations d’hiver en Méditerranée sont en train de conquérir les croisiéristes, à commencer par les Français. Un essor sur lequel les compagnies misent gros, MSC et Costa en tête.

Pour Costa Croisières, c’est l’histoire d’un hasard post-11 Septembre. Au lendemain des attentats contre le World Trade Center, la compagnie italienne décide de rapatrier en Méditerranée pour l’hiver l’un de ses bateaux positionnés à Miami. L’expérience, jugée concluante, est reconduite l’année suivante, puis saison après saison. Près de dix ans plus tard, le marché connaît désormais une véritable envolée, et particulièrement en France. Les croisiéristes tricolores ont toujours apprécié ces navigations hivernales, mais depuis un ou deux hivers, l’engouement est exponentiel. « La France est le pays où le succès a été le plus fort l’hiver dernier, les Français formant le second plus gros marché derrière les Italiens », confirme ainsi Erminio Eschena, le directeur général France de MSC Croisières.

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Raison du succès ? Le prix, d’abord. En l’absence d’aérien long-courrier, les produits en Méditerranée sont moins chers que les croisières dans les Caraïbes. « Nous avons des tarifs d’appel à moins de 650 E pour 11 jours », commente ainsi Georges Azouze, le directeur général de Costa France, tandis que MSC affiche des tarifs à partir de 599 E pour 12 jours. Mais les compagnies de croisières disposent aussi d’un puissant instrument de persuasion pour qui craint de passer une semaine en mer dans le froid ou sous la pluie : le magrodome. En langage commun, un toit amovible dont sont désormais équipés la plupart des grands navires, et qui permet de transformer une piscine à l’air libre en bassin intérieur, à l’abri des caprices de la météo et utilisable par conséquent à tout moment de l’année. Résultat : les croisières hivernales ne séduisent pas seulement la clientèle senior, mais aussi les familles. Pour les compagnies, le mot d’ordre est donc à l’augmentation de la production. Après avoir opéré deux bateaux sur la zone l’hiver dernier, MSC en exploitera, pour la première fois, trois cet hiver, profitant de l’accroissement de sa flotte. C’est en effet le tout nouveau Magnifica qui a été positionné aux côtés du Fantasia et du Splendida. Costa, de son côté, a décidé d’ajouter à son habituel programme d’itinéraires en 11 jours au départ de Savone des croisières d’une semaine en Méditerranée occidentale à bord du Magica. Un classique éprouvé de la production été. Pas moins de 18 départs sont prévus au cours de la saison, à partir du 16 novembre, avec embarquement hebdomadaire à Marseille pour les passagers hexagonaux. « Ça se remplit bien », commente Georges Azouze, qui table sur une part de marché de la clientèle française cet hiver comparable à celle enregistrée cet été, soit autour de 15 % du total des passagers de Costa. Mais le succès de ces navigations hivernales en Méditerranée fait-il les affaires des compagnies de croisières ? « Ni plus ni moins que les produits caribéens », affirme Georges Azouze. Plus que de chercher un créneau à forte marge, « il s’agit surtout de diversifier l’offre », promet-il.