À considérer son CV, à faire pâlir les « serial entrepreneurs » les plus bardés de diplômes, on l'aurait cru sans peine. Mais cela aurait été oublier que Jean-Philippe Cartier aime être là où on ne l'attend pas. Et s'il s'amuse un instant à prétendre qu'il a fait HEC et Sup de Co, le jeune patron de H8 Collectionne tarde pas à corriger : il a quitté l'école à sa majorité. Ses affinités avec le système scolaire avaient vite trouvé leurs limites, et l'envie d'entreprendre le travaillait déjà. « À 12 ou 13 ans, je ne lisais pas de BD mais les livres de gens qui avaient monté leur boîte », se souvient-il. Il se lance à 22 ans, en créant le site d'annonces automobiles Autoreflex, revendu au groupe Mondadori Axel Springer. L'entrepreneur crée alors H8 Invest, son fonds d'investissement, et s'implique dans différents secteurs : la promotion immobilière, les jets privés, la restauration ou la Fintech, via la plateforme de financement participatif Lendix. C'est presque par hasard qu'il devient hôtelier, sans expérience du métier. Un détail pas franchement de nature à le décourager : « Tous les métiers que j'ai pratiqués dans ma vie nécessitent une qualité première, qui s'appelle le bon sens », résume-t-il.
En 2010, Jean-Philippe Cartier fait l'acquisition d'un hôtel planté en pleine Camargue, le Mas de la Fouque, qu'il fréquentait lorsqu'il avait 20 ans. « Je ne l'ai pas acheté en voulant fonder un groupe. Je voulais en faire un hôtel de copains, un lieu à part, où l'on se sentirait comme à la maison. » Mais il s'est pris au jeu. Une deuxième acquisition sera l'occasion de créer H8 Collection en 2014, suivront de nouvelles adresses, constituant un portefeuille d'hôtels haut de gamme à grande vitesse : 6 en 24 mois. Parmi ces pépites, on trouve notamment le Vieux Castillon ou la Maison d'Uzès. À une exception près, le très chic Mathis, toutes se trouvent en province. De belles endormies pour qui le réveil a sonné. « Nous vivons - malgré tout ce qui se passe actuellement - dans le plus beau pays du monde. Nous avons une hôtellerie vieillissante, mais il existe des lieux magiques. Il faut juste faire les rénovations qui s'imposent, leur ramener le concept nécessaire », détaille Jean-Philippe Cartier.

