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French Bee : on a testé le low cost long-courrier vers Tahiti

La compagnie vient de lancer son vol Paris-Papeete. Nous l’avons testé en Premium économie à l’aller, et en économie au retour.

Avec un départ à 18h40 à Orly et une arrivée à 4 h 40 à Papeete, le vol entre Paris et Tahiti opéré par French Bee est l’un des plus longs depuis la France (plus de 20 h avec une escale à San Francisco). Le vol inaugural a eu lieu vendredi 12 mai, nous permettant de savoir enfin ce que vaut le low cost long-courrier sur une destination aussi lointaine.

Les points positifs

Le prix : c’est une lapalissade mais c’est quand même le point fort de French Bee, d’autant plus sur ce marché tahitien où le prix des billets est longtemps resté assez élevé. Avec un tarif de départ annoncé à partir 449 € l’aller simple (sans option), la petite sœur d’Air Caraïbes casse les prix. Partout sur l’archipel, les Tahitiens se réjouissent de cette nouvelle offre « qui va forcément faire baisser les prix, ramener plus de touristes et nous permettre de voyager, soit en métropole mais aussi à San Francisco », explique Léon, un excursionniste de Rangiroa.

L’avion : Le vol vers Tahiti s’effectue en A350-900 tout neuf. Et cela se ressent. Quasi silencieux, il permet aux passagers de s’endormir facilement, ce qui sur un vol de cette distance est primordial. Le niveau de pression a également été amélioré : après plus de 23 h de trajet, les sinus ne sont quasiment pas impactés, ce qui réduit nettement l’effet de fatigue. L’avion de 411 places est disposé en 2-3-2 en premium et en 3-4-3 en économie. Il existe un espace éco-cosy, séparé du reste de l’économie par des rideaux. Les sièges sont des sièges ZIM (même que Lufthansa), de très bonne qualité. Il y a un repose-tête ajustable en 4 positions, 41.5 cm de largeur de siège et 81 cm pour les jambes en économie. En premium, c’est 45 cm de largeur, et 92 cm d’espacement. Enfin, l’écran tactile de 31 cm en premium (25 cm en éco) est de très bonne qualité. Trois caméras, dont deux seulement fonctionnent, permettent d’admirer le vol depuis le haut et le dessous de l’appareil. Enfin rappelons que cet appareil – avec sa faible consommation en carburant – est plus rentable pour French Bee certes, mais il est aussi plus écologique.

Le personnel navigant : Si le personnel navigant est à l’image de sa compagnie, tout jeune, il n’en demeure pas moins très efficace. Recruté en partie à Tahiti sur la ligne vers Papeete, il est dynamique et toujours attentionné, que ce soit en premium ou en économie. Et pourtant, leur tâche n’est pas aisée pour eux puisque que le principe à la carte de French Bee les oblige à être vigilants sur les prestations commandées par chaque passager, qui diffèrent selon chaque siège.

Les points négatifs :

L’escale à San Francisco : C’était la grande interrogation des passagers lors de l’embarquement. Les 2h30 prévues pour effectuer le transit à San Francisco seraient-elles suffisantes pour permettre à tout le monde d’embarquer à temps dans la seconde partie du vol vers Papeete. Si en règle générale, les transits ne posent pas de problèmes particuliers, ici les passagers sont obligés de récupérer leur valise après avoir passé l’immigration. Alors que chez Air France et Air Tahiti Nui, les valises restent en soute à Los Angeles, les autorités américaines exigent de French Bee que les bagages soient sortis puis réenregistrés. Normalement, cette situation est provisoire. Selon Marc Rochet, le président de la compagnie, la situation devrait s’améliorer d’ici « quelques semaines ». En attendant, comptez une heure pour passer le contrôle de l’immigration car deux long-courriers (l’un venant d’Inde, l’autre de Chine) arrivent en même temps, puis une autre heure pour réenregistrer les valises, se diriger vers le terminal des départs et passer à nouveau la sécurité, votre avion ne peut pas partir à l’heure. A l’aller et au retour, les vols ont affiché près d’une heure de retard. Ce qui perturbe les correspondances, surtout lors du retour à Paris. Ce réenregistrement des bagages a un autre effet négatif, il multiplie le risque d’erreur dans l’acheminement des bagages. Au retour, une petite dizaine de valises sont restées à San Francisco.

Les petits moins du service à bord : Si l’Airbus A 350-900 de French Bee est une petite merveille, il est possible de relever quelques couacs. Tout d’abord le wifi. Offert durant quelques jours pour l’ouverture de la ligne, il n’aura pas fonctionné durant tout le voyage aller et seulement quelques minutes pendant le retour. Sachant qu’il est vendu entre 9 $ les 10 min et 49 $ les 4h, il est urgent pour la compagnie de régler ce problème. D’autant plus que le modèle low cost long-courrier mise énormément sur les frais ancillaires. Autre petit bémol : l’offre multimédia, un peu « légère » aux dires de certains clients, surtout pour un vol aussi long. Seulement une vingtaine de films, et une dizaine d’albums sont proposés aux passagers. Autre lacune, inhérente au modèle à la carte du low cost long-courrier, la distribution des repas. Comme chaque passager n’a pas choisi les mêmes options, il faut que le personnel navigant vérifie qui a commandé un repas, lequel a pris une tablette numérique etc. Ce qui entraîne des retards lors de la distribution des repas. Enfin, si ces plateaux repas sont plutôt de bonne qualité, ils mériteraient de proposer du sel et du poivre pour assaisonner les plats.

Bilan : Il est plus que satisfaisant. Comme a si bien dit un passager à l’arrivée à Papeete : « peu importe les prestations à bord, le critère numéro 1 cela reste le prix et avec French Bee, on économise tellement qu’on est prêt à payer pour avoir certaines options ». Rappelons que le repas à bord coûte 40 euros pour et la bagage en soute 70 euros. La qualité de l’appareil permet de réduire nettement la fatigue pour un si long vol et estompe nettement l’effet low cost.

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