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Décret Trump : les binationaux français sont aussi concernés

Les Français possédant également l'une des sept nationalités visées par le décret anti-immigration de Donald Trump se voient pour le moment refuser l'accès au territoire américain.

Le "Muslim ban", ou décret anti-immigration, signé le 27 janvier par Donald Trump, concerne aussi directement les Français. Plus précisément, il s'applique aux Français binationaux possédant l’une des sept nationalités visées par le texte – Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen – qui se verront donc refuser l’accès au territoire américain pour les trois prochains mois.

ESTA et carte verte ne suffisent plus

En conséquence, le Quai d'Orsay recommande aux personnes dans cette situation de renoncer à un déplacement aux États-Unis, y compris pour les titulaires d’un ESTA en cours de validité. Sur son site web, le ministère des Affaires étrangères rappelle que les résidents aux Etats-Unis titulaires d’une carte verte sont également concernés. "Ils seraient néanmoins toujours autorisés à pénétrer sur le territoire américain, mais seraient soumis à leur arrivée à un examen de leur situation, afin de vérifier qu’ils ne représentent aucune menace", est-il précisé.

Ce conditionnel en dit long sur la confusion qui règne depuis quatre jours. "La situation demeure très évolutive. Des informations complémentaires devraient permettre de clarifier le champ d’application de ces nouvelles mesures dans les heures et jours qui viennent", ajoute le Quai d'Orsay.

Le transport aérien réclame des éclaircissements

Pour l'heure, trois Etats, le Canada, le Royaume-Uni et l'Australie, disent avoir obtenu la garantie que leurs ressortissants binationaux ne seraient pas touchés par la mesure, à moins que leur vol soit en provenance d’un des pays concernés.

Aux premières loges de ce grand tohu-bohu, les compagnies aériennes ont réclamé aux autorités américaines des clarifications, lundi 30 janvier, par la voix de l'Association du transport aérien international (IATA). "Le décret a été signé sans coordination ou avertissement préalable, ce qui a causé de la confusion chez les compagnies aériennes comme chez les voyageurs", regrette-t-elle. "Ce décret a aussi alourdi le fardeau imposé aux compagnies aériennes par des exigences de conformités confuses, des coûts de mise en oeuvre et la possibilité de sanctions pour non-conformité", souligne-t-elle.

Air France, qui a refusé d'embarquer 15 personnes ce week-end, confirme avoir pris des mesures commerciales exceptionnelles pour les passagers concernés (remboursement ou échange des billets), et dit n'avoir pas de visibilité sur l'évolution de la situation pour le moment.