Concurrence sur les rails : les opérateurs alternatifs exigent d’être distribués par SNCF Connect
L’Association française du rail (Afra) presse les pouvoirs publics de contraindre la plateforme dominante SNCF Connect à distribuer l’ensemble des billets des opérateurs ferroviaires pour garantir une concurrence équitable.
À l’approche de l’examen au Sénat, au mois d’avril, du projet de loi-cadre sur le développement et le financement des transports, la bataille de l’ouverture à la concurrence ferroviaire se déplace sur le terrain numérique.
L’Association française du rail (Afra), porte-voix des opérateurs alternatifs, lance une offensive claire : SNCF Connect doit proposer les offres de l’ensemble des acteurs du marché. Avec une part de marché écrasante, estimée à 85 % des ventes de billets longue distance en ligne en France, la vitrine numérique historique agit aujourd’hui comme un verrou de distribution, pénalisant l’essor de sa concurrence.
Une distribution « fiable, lisible et transparente »
Dans un communiqué publié le 30 mars 2026, l’association exige que la plateforme vende de manière équitable les titres de transport des compagnies qui en font la demande. Marco Caposciutti, président de l’Afra, souligne l’urgence de permettre cet accès aux compagnies alternatives. Pour lui, la distribution ferroviaire se doit de devenir « fiable, lisible et transparente » : les voyageurs doivent être en mesure de comparer l’intégralité des propositions sur des bases neutres, ce qui s’avère matériellement impossible si l’acteur dominant omet d’afficher les trains concurrents sur son interface.
Cette invisibilité numérique engendre des conséquences directes sur la rentabilité des nouveaux entrants. Leurs trains affichent des taux de remplissage sensiblement inférieurs à ceux de l’opérateur historique, une asymétrie imputable, selon eux, à l’hégémonie de SNCF Connect. « Il est inacceptable, alors qu’il existe des places disponibles dans les trains des opérateurs alternatifs, que des voyageurs restent aujourd’hui à quai, ou prennent leur voiture ou l’avion, car ils n’ont pas connaissance des offres de ces nouveaux opérateurs, faute de présence sur SNCF Connect », dénonce Solène Garcin-Berson, déléguée générale de l’Afra. L’association précise d’ailleurs que SNCF Connect trouverait un intérêt financier à cette ouverture, en percevant logiquement une rémunération pour chaque vente d’un de ses concurrents.
Parcours voyageur
Au-delà de la stricte question de la visibilité, l’Afra indique militer pour une billettique fluide et totalement intégrée. Le parcours du voyageur doit s’affranchir, selon elle, des frontières commerciales entre les compagnies. La combinaison d’offres régionales et longue distance nécessite une plateforme unifiée pour éviter à l’usager de jongler entre plusieurs sites internet lors de l’achat d’un trajet avec correspondances.
L’association appelle ainsi à une harmonisation impérative des droits des voyageurs, et réclame l’intégration de garanties de report dans tous les appels d’offres régionaux et l’instauration d’un mécanisme de prise en charge réciproque encadré par le régulateur. En cas d’incident ou de retard provoquant une rupture de correspondance, un passager devrait à ses yeux pouvoir emprunter le train suivant, indépendamment de l’entreprise qui l’opère.
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Franchement ils ne manquent pas d’air !!! SNCF Connect doit distribuer la SNCF et pas ses concurrents.
S’ils veulent être distribués, ils n’ont qu’à se mettre sur Trainline ou similaire. Ouigo en Espagne n’est pas distribué par RENFE par exemple et les TGV français Paris-Milan ne sont pas distribués par Trenitalia non plus.
Ils ne peuvent pas exiger le beurre et l’argent du beurre !!!