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Le rail français face à son succès : rames pleines, offre stagnante et prix contrastés

Malgré un engouement historique pour le train, le manque de capacités et la hausse ciblée des tarifs freinent une dynamique vertueuse.

La fréquentation ferroviaire en France continue de gagner en succès, confirmant l’attrait grandissant des voyageurs pour ce mode de transport. Selon le dernier bilan annuel de l’Autorité de régulation des transports (ART), publié ce mercredi, l’année 2025 marque un quatrième record consécutif. Les services à grande vitesse affichent une hausse de fréquentation de 4% sur un an, consolidant une croissance de 17% depuis 2019. Une dynamique qui a permis au train de capter 10,9% de part modale en 2024, et activement contribué à la baisse des émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports, évaluée à 1,2% sur la même année.

Offre restreinte

Ce succès populaire se heurte toutefois à une réalité opérationnelle contrainte, prévient toutefois l’ART. Si la demande explose, l’offre ne suit pas la même trajectoire – malgré l’ouverture à la concurrence. L’organisation souligne que la croissance actuelle repose moins sur l’ajout de nouvelles circulations que sur l’optimisation extrême des capacités existantes. En 2025, le taux d’occupation moyen des trains à grande vitesse frôle les 80%, un niveau inédit qui illustre la saturation du réseau. L’autorité de régulation avertit d’ailleurs que le risque majeur réside désormais dans un manque de capacités pour accueillir les passagers, et non dans une désaffection du public.

La stagnation de l’offre s’explique notamment par une disponibilité limitée du matériel roulant, maintenant les fréquences programmées des trains à grande vitesse à un niveau inférieur de près de 10%, par rapport à 2019. Le constat est similaire dans les transports du quotidien, notamment en Île-de-France, où la quasi-totalité des lignes de RER (à l’exception du RER E) subit une diminution de l’offre en sièges-kilomètres – jusqu’à 3% pour le RER B.

Ouigo : hausse tarifaire de 5% en un an

L’engouement pour le rail produit toutefois des effets très hétérogènes sur la politique tarifaire des opérateurs. Les prix moyens des trains à grande vitesse demeurent stables en 2025, tandis que les liaisons internationales observent même un recul de 4%. En revanche, les voyageurs se tournant vers les trains à bas coûts supportent une inflation marqué. Les tarifs des Ouigo ont ainsi progressé de 5% en un an. Un phénomène qui s’inscrit dans une tendance lourde : en février dernier, la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) dénonçait déjà une flambée des prix de 73% entre 2017 et 2023.

Face à ces blocages capacitaires et tarifaires, l’ART identifie la mise en concurrence comme un levier de développement avéré. Sur les axes ayant accueilli de nouveaux entrants, tels que Paris-Lyon et Paris-Marseille, l’offre de transport a ainsi bondi de plus de 20%. Cette émulation stimule mécaniquement la fréquentation, qui y progresse deux fois plus vite que la moyenne nationale. L’enjeu, désormais, consistera donc à financer massivement la modernisation des infrastructures pour soutenir cette demande ferroviaire structurellement orientée à la hausse.

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