Frais de rapatriement : Laurent Abitbol défend la sécurité TO, Austral Lagons témoigne
Pour le président de Marietton Développement Laurent Abitbol, la prise en charge des frais de rapatriement par le TO fait partie des garanties du métier à l’égard des distributeurs. Austral Lagons abonde, chiffres à l’appui.
C’est un sujet qui aura marqué le récent Forum du Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto) à Tétouan. Son président Patrice Caradec a défendu l’idée d’un partage des frais de rapatriement entre les voyagistes et les agences de voyages. Dans la foulée, les deux grands réseaux d’agences Selectour et TourCom ont manifesté leur profonde opposition.
Les TO de Marietton assument les surcoûts
Contacté par L’Écho Touristique, Laurent Abitbol, président du directoire de Selectour, justifie sa position. « Quel est l’avantage de passer par un tour-opérateur pour une agence de voyages ? questionne-t-il ? C’est la sécurité achat d’un produit TO. Si cette sécurité n’existe plus, l’agence de voyages sera tentée de tout produire elle-même, en direct. »
Laurent Abitbol rappelle par ailleurs qu’il exerce les deux métiers, distributeur et producteur, à travers le groupe lyonnais Marietton Développement qu’il préside aussi. Voyamar, Héliades, Solea, Austral Lagons, Premium Travel comptent parmi ses marques emblématiques de production. « L’ensemble de mes tour-opérateurs représentent environ 500 millions d’euros de ventes par an. Les TO maisons ont assumé les coûts à 100 %, comme nos confrères », assure Laurent Abitbol. Et le patron de poursuivre : « Je suis contre une règle applicable en cas de catastrophe. Cela retirerait justement l’aspect sécuritaire du produit TO. » Les petites agences indépendantes n’ont pas les moyens d’affronter de telles dépenses, alors que les voyagistes peuvent s’appuyer sur des réserves de trésorerie, complète-t-il. « Un surcoût de 100 000 euros, un TO peut l’affronter. Pas une agence. »
Plus de 300 000 euros de surcoûts pour Austral Lagons
Parmi les voyagistes du groupe Marietton figure Austral Lagons, qui a pris de plein fouet les conséquences de la guerre au Moyen-Orient. Et pour cause, de nombreux clients choisissent des pays de l’Océan Indien pour les vacances de février et de mars. Or jusqu’alors, les vols vers Maldives, les Seychelles ou encore la Tanzanie étaient majoritairement opérés par des compagnies du Golfe.
Dès le début de la guerre le 28 février, Austral Lagons a rapatrié les voyageurs après avoir mis en place une « cellule de crise ». « Les équipes ont travaillé pendant 15 jours de 7 heures du matin à minuit », explique Hélion de Villeneuve, son directeur général. Entre les frais de rapatriement et les trois premières nuits prises en charge, la facture globale s’élève à « plus de 300 000 euros », estime-t-il.
Sauver une partie de l’activité
« Les compagnies font du yield. Nous avons parfois payé des billets d’avion des Seychelles vers Paris », illustre-t-il. Emirates a fait preuve de réactivité et de souplesse, contrairement à Qatar Airways et Etihad, ajoute-t-il.
Désormais, les équipes d’Austral Lagons se mobilisent afin de rassurer, sécuriser des vols directs vers des destinations comme les Seychelles. Et proposer, le cas échéant, des destinations de report à l’image de l’île Maurice. « Deux millions d’euros sont concernés en mars, 3 millions en avril. Sur le mois de mars, nous avons ainsi sauvé 60% de l’activité, précise Hélion de Villeneuve. C’est aussi l’intérêt des agences de voyages d’envisager toutes les solutions pour inciter les clients à partir. »