EES : malgré le risque de saturation estivale, Bruxelles exclut toute suspension totale
Malgré les craintes de paralysie estivale liées au nouveau système EES, Bruxelles refuse sa suspension totale mais concède certains allègements.
Ce mardi 7 juillet 2026, l’exécutif européen a opposé une fin de non-recevoir à la demande de suspension temporaire du système d’entrée et de sortie (EES) formulée par l’Airports Council International (ACI) Europe, l’Airlines for Europe (A4E) et l’Association internationale du transport aérien (IATA). Face aux quarante millions de voyageurs supplémentaires attendus cet été par rapport au printemps, le secteur redoutait un engorgement majeur des terminaux et réclamait un mécanisme de sauvegarde autorisant le retour exclusif aux contrôles manuels.
Asymétrie des frontières
Bruxelles juge cette suspension intégrale irréalisable. Et de justifier qu’un tel arrêt créerait une asymétrie des frontières de l’espace Schengen : un voyageur enregistré à l’entrée par le système EES mais sortant par un poste repassé en contrôle manuel risquerait d’être injustement fiché pour dépassement de la durée légale de séjour.
La Commission a néanmoins acté des aménagements temporaires jusqu’à la fin de l’été pour désamorcer l’engorgement. Les vérifications biométriques, particulièrement chronophages, pourront être partiellement suspendues lors des pics d’affluence. L’institution relativise l’ampleur de la congestion en soulignant que les difficultés se concentrent sur une vingtaine de points de passage critiques, sur les 1 500 que compte l’Union européenne.
Jusqu’à cinq d’heures d’attente
Sur le terrain, la réalité opérationnelle est critique, selon les exploitants. Entré en vigueur en octobre 2025 et pleinement effectif depuis avril 2026, l’EES génère par endroits jusqu’à cinq heures d’attente.
Pour justifier le maintien de son dispositif, l’Union européenne met en avant un bilan sécuritaire probant : l’EES a déjà traité plus de 110 millions de passages et bloqué plus de 44 000 individus. Les principaux motifs de refoulement incluent le manque de justification de séjour, l’utilisation de fausses identités ou de seconds passeports pour contourner la limite des 90 jours de visite, ainsi que l’identification de plus d’un millier de menaces sécuritaires.
Renforts opérationnels
Consciente de la détérioration des conditions de voyage, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a publiquement reconnu qu’il restait beaucoup à faire pour résorber ces files d’attente. L’exécutif européen table sur des renforts opérationnels, avec notamment le déploiement d’une cinquantaine d’agents Frontex à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem. À plus long terme, la fluidification reposera sur une application mobile de préenregistrement frontalier. Actuellement circonscrite à la Suède et au Portugal, son déploiement dans le reste des États membres s’étalera jusqu’en 2027.
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