Frais de rapatriement : Selectour et TourCom s’opposent au Seto
Les déclarations de Patrice Caradec à Tétouan, au Maroc, ont fait vivement réagir les patrons de réseaux Laurent Abitbol et Richard Vainopoulos.
« On dépense sans compter mais après il va falloir faire les comptes », a déclaré Patrice Caradec, le président du Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto), lors de son forum à Tétouan. La facture s’annonce lourde puisque le coût total des opérations de rapatriements pour les clients bloqués devrait « dépasser les six millions d’euros ».
Le syndicat des voyagistes explique qu’il s’appuie sur le Code du tourisme et la notion de co-responsabilité entre TO et agences pour justifier cette volonté de partager les surcoûts.
Selectour écrit à ses adhérents
Le réseau Selectour a aussitôt réagi, dans un courrier interne adressé à ses adhérents que L’Écho touristique a pu consulter. Un message signé par Laurent Abitbol et Natale Scaglia, respectivement président du directoire et président de la coopérative de Selectour.
« Dans le contexte de la crise actuelle liée à la guerre au Moyen-Orient, nous apprenons que les discussions en cours au séminaire du Seto envisageraient de faire supporter aux agences de voyages 50% des frais de rapatriement des clients, souligne-t-il. Il semblerait notamment que le tour-opérateur Visiteurs porte activement cette proposition. »
Un vieux débat
Le courrier s’apparente à une fin de non-recevoir. Il rappelle d’ailleurs un débat houleux entre Laurent Abitbol et Patrice Caradec sur le studio IFTM 2019 de L’Écho touristique.
« Nous tenons à exprimer notre totale opposition à cette orientation, poursuit le message adressé aux agences de voyages. En effet, ni notre responsabilité ni notre rôle ne justifient que nous soyons mis à contribution dans ce cadre. Nous restons pleinement mobilisés pour défendre vos intérêts avec détermination et vigilance. »
TourCom contre la position du Seto
Contacté par L’Écho touristique, Richard Vainopoulos explique qu’il n’est pas ouvert non plus aux demandes du Seto. Le président de TourCom estime que c’est un vieux débat qui n’a pas lieu d’être.
Pour lui, la coresponsabilité porte ainsi sur l’information pour l’agence, et le reste pour le producteur. Pour autant, Richard Vainopoulos n’est pas réfractaire à un partage des coûts dans certaines conditions.
« Des tour-opérateurs ont répondu présent pendant la guerre au Moyen-Orient. Nous avons alors réussi à nous mettre d’accord avec eux sur un partage de la prise en charge. Quant aux autres TO, qui n’ont pas joué le jeu et pour lesquels nous avons agi à leur place, nous allons prendre des décisions financières importantes. Nous allons déduire certains montants que le client ou que l’agent de voyages n’aurait jamais déduits. »
Un texte qui manque de clarté
Problème, le Code du tourisme manque de clarté sur la question de co-responsabilité, ce qui laisse place à des interprétations différentes.
La preuve, par exemple, avec ce passage sur l’hébergement : « Lorsqu’il est impossible, en raison de circonstances exceptionnelles et inévitables, d’assurer le retour du voyageur comme prévu dans le contrat, l’organisateur ou le détaillant supporte les coûts de l’hébergement nécessaire, si possible de catégorie équivalente, pour une durée maximale de trois nuitées par voyageur. »
Contacté jeudi soir, Patrice Caradec ajoute qu’ils souhaite remettre le dossier sur la table pour clarifier la notion de co-responsabilité à la demande de ses membres. Le patron du Seto consultera à dessein un avocat, mais reste entièrement ouvert à la discussion avec les réseaux de distribution.
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