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Guerre au Moyen-Orient : premiers soubresauts pour l’hôtellerie européenne

Le secteur hôtelier européen commence à subir les effets de la guerre au Moyen-Orient, entre annulations de réservations et prudence des clients, sans que la situation ne soit pour autant qualifiée d’effondrement.

Selon Olivier Cohn, directeur général du groupe Best Western, qui possède plus de 4 000 hôtels dans le monde dont 334 en France, les établissements du groupe dans le Golfe affichent une occupation « quasiment nulle », autour de 10%. « On commence à ressentir les premiers soubresauts sur Paris, Nice et Londres, qui sont aussi des plateformes aéroportuaires », précise-t-il. Le manque de vols en provenance du Moyen-Orient a entraîné un décrochage quotidien des réservations de 5 à 6%, notamment pour la clientèle asiatique dont les trajets passent par Oman, Abou Dhabi ou Dubaï.

« Ce n’est pas un effondrement »

Pour Vanguélis Panayotis à la tête du cabinet MKG Consulting, le phénomène est lié à « un effet structurel du mouvement aérien ». « Mais ce n’est pas un effondrement », dit-il. « Il y a eu 10 jours d’effet de sidération durant lesquels il n’y avait plus d’avions » depuis le Moyen-Orient, explique-t-il, mais l’aérien « est en train de se réorganiser progressivement ».

En Europe, la première semaine du conflit a entraîné une baisse de 6% du RevPAR (revenu par chambre), avec des reculs plus marqués en France et au Royaume-Uni (8%) et encore plus en Irlande (-23,5%) et au Portugal (-15,4%), deux pays dépendants de la clientèle étrangère.

L’hôtellerie de luxe est particulièrement touchée, avec jusqu’à 10% de lits haut de gamme non vendus à Paris, même si certaines périodes, comme la Fashion Week, ont partiellement compensé la baisse. La clientèle asiatique et américaine pourrait également reporter ses séjours. Les voyages d’affaires subissent eux aussi des annulations et un certain attentisme, lié notamment aux fluctuations du prix du pétrole.

Attendre juin pour mesurer l’impact de la guerre

Malgré ces premiers impacts, les acteurs du secteur restent prudents mais optimistes. « Il faudra regarder à partir de juin » pour mesurer l’effet réel du conflit, souligne Vanguélis Panayotis. Concernant l’été, certaines destinations pourraient être réévaluées, mais la tendance pourrait profiter au tourisme intra-européen. « S’il y a une région qui peut s’en sortir, c’est l’Europe », conclut le consultant.

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