Moyen-Orient : trois semaines après le début du conflit, le trafic aérien reste fortement perturbé
Trois semaines après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, opposant l’Iran aux Etats-Unis et à Israël, le transport aérien continue de naviguer à vue, tiraillé entre des annulations massives, une flambée des coûts opérationnels et une situation sécuritaire majoritairement instable.
Depuis le 28 février 2026, date de l’escalade militaire entre l’Iran, les Etats-Unis et Israël, le ciel du Moyen-Orient s’est transformé en un véritable casse-tête logistique et sécuritaire. L’intensification des frappes ces derniers jours, ciblant notamment les infrastructures énergétiques et civiles, n’encourage pas la reprise des vols. Si les compagnies aériennes locales persistent à croire en une reprise partielle, les européennes fuient toujours la région. Selon les données de la société d’analyse Cirium, plus de 52 000 vols en provenance ou à destination du Moyen-Orient ont été annulés, sur les quelque 98 000 programmés.
Compagnies du Golfe : reprise partielle, malgré de nombreuses annulations
L’Irak, le Koweït et l’Iran demeurent totalement fermés au trafic civils, tandis qu’Israël, le Qatar ou Bahreïn exigent désormais des autorisations préalables pour chaque décollage ou atterrissage. Si les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite conservent des couloirs ouverts, l’incertitude règne et la situation demeure instable. Les compagnies aériennes sont d’ailleurs parfois contraintes à des demi-tours d’urgence en plein vols, lors d’attaques de drones ou d’alertes aux missiles. Lundi 16 mars, l’aéroport international de Dubaï avait été contraint de suspendre temporairement son trafic en raison d’une attaque de drone.
Les conséquences de cette paralysie partielle révèlent des situations hautement contrastées entre les opérateurs du Golfe. Emirates a ainsi annulé plus de 2 000 vols, soit environ 54 % de ses vols réguliers, selon les données de Cirium relayées mercredi 18 mars par l’agence de presse Reuters. Le taux d’annulation est même plus important pour Qatar Airways (93 %) et Etihad (79 %).
Les compagnies occidentales et asiatiques continuent d’éviter la région
L’ampleur du conflit ne semble pas permettre d’envisager une stabilisation à court terme – ainsi, les compagnies occidentales et asiatiques continuent d’éviter méthodiquement la région. Air France avait déjà annoncé prolonger la suspension de ses dessertes vers Dubaï et Riyadh jusqu’au 25 mars, et vers Tel-Aviv et Beyrouth jusqu’au 28 mars.
British Airways annonçait la semaine précédente prolonger la suspension de ses liaisons vers Amman, Bahreïn, Tel-Aviv et Dubaï jusqu’à la fin mai. Et avait déjà prévu de geler sa desserte d’Abou Dhabi jusqu’au 25 octobre 2026. Les vols vers Riyadh et Djeddah, en Arabie saoudite, continuent toutefois d’opérer comme prévu. Ceux vers Doha restent suspendus jusqu’au 30 avril.
Lufthansa ne desservira pas non plus Dubaï, Abou Dhabi, Amman, Beyrouth et Erbil jusqu’au 28 mars 2026. Elle ne volera pas non plus vers Tel Aviv avant le 2 avril.
Au-delà de la logistique pure, cette troisième semaine de guerre est venue installer une crise économique profonde, poussée principalement par l’envolée des coûts opérationnels. La quasi-paralysie du détroit d’Ormuz a provoqué une flambée des cours des hydrocarbures, poussant de nombreux transporteurs à augmenter leur surcharge carburant. Nous en détaillions la liste dans cet article. D’autres, comme United Airlines, Air New Zealand et SAS, se voient contraints d’annuler des centaines de liaisons devenues déficitaires.
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