Traite d’êtres humains : Accor dément toute implication
Accusé par un rapport du fonds Grizzly Research de faits graves allant de la traite d’êtres humains à des liens présumés avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein, le groupe hôtelier rejette fermement ces allégations. Il annonce l’ouverture d’une enquête interne.
Accor « dément fermement toute implication dans l’exploitation systémique supposée liée à la traite d’êtres humains ou d’enfants. À ce stade, et à la suite de la publication de ce rapport, le groupe mène une enquête interne approfondie » pour vérifier les « allégations » de Grizzly, a indiqué le groupe dans un communiqué. Un cabinet externe a été mandaté. Les conclusions de l’enquête seront rendues publiques.
De graves accusations en Russie
Le rapport de la société financière Grizzly Research accuse notamment 18 hôtels Accor en Russie d’avoir accepté d’accueillir des orphelins ukrainiens en vue de leur adoption par des familles russes. Selon le document, certains établissements auraient assuré qu’aucune information sensible n’était transmise au siège français ni à l’ambassade d’Ukraine.
Le fonds va plus loin en affirmant que des hôtels du groupe dans plus de vingt pays auraient accepté des réservations évoquant explicitement des situations d’exploitation ou d’abus sexuels sur enfants.
Ces accusations ont immédiatement pesé sur le titre du groupe. L’action Accor a chuté jeudi soir de plus de 10% en séance avant de clôturer en baisse de 5,97% à 39,50 euros, dans un contexte de repli du CAC 40.
Accor indique que si certains faits devaient être avérés, des mesures appropriées seraient prises et des poursuites pourraient être engagées contre les parties impliquées.
Des liens présumés avec l’affaire Epstein
Le rapport évoque également un lien direct supposé entre le PDG du groupe, Sébastien Bazin, et Jeffrey Epstein. Cette affirmation s’appuie sur un courriel de 2016 dans lequel le chef d’orchestre Frédéric Chaslin mentionne un déjeuner avec Sébastien Bazin, indiquant que ce dernier « connaissait » Epstein.
Aucun échange direct entre Sébastien Bazin et Jeffrey Epstein n’apparaît toutefois dans les documents consultés. Accor précise de son côté que son dirigeant n’a rencontré le financier qu’une seule fois, il y a plus de vingt ans, dans un cadre professionnel réunissant plusieurs investisseurs.
Le groupe hôtelier souligne par ailleurs que les autres éléments avancés « n’établissent en aucune manière un lien » avec Jeffrey Epstein, estimant qu’ils reposent uniquement sur des informations publiques dont il n’avait pas connaissance. Le rapport mentionne néanmoins des réservations effectuées par le criminel sexuel dans des hôtels du groupe ainsi que des formations dispensées à ses masseuses dans un établissement acquis par Accor.
Un volet lié à l’affaire DSK
Enfin, le document de Grizzly fait état d’un courriel de 2012 envoyé par le journaliste Ed Epstein à Jeffrey Epstein. Celui-ci évoque l’hypothèse d’une participation financière d’Accor à un règlement à l’amiable dans l’affaire Dominique Strauss-Kahn (ex patron du FMI et favori des sondages pour la présidentielle de 2012 en France), afin d’éviter des révélations sur un supposé réseau de prostitution au Sofitel New York.
Pour rappel, l’affaire opposant Dominique Strauss-Kahn à la femme de chambre Nafissatou Diallo s’était conclue fin 2012 par un accord financier confidentiel, sans reconnaissance de culpabilité.
À ce stade, Accor maintient fermement sa position. Le groupe conteste l’ensemble des accusations. Il mise sur les résultats de ses investigations en cours pour faire la lumière sur ces allégations.