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Volotea annule des dizaines de vols régionaux en invoquant le Moyen-Orient : en a-t-elle vraiment le droit ?

La compagnie invoque le « conflit au Moyen-Orient » pour justifier ces annulations de vols, pourtant dirigés vers la Corse, l’Italie ou l’Espagne.

Pour les voyageurs, c’est d’abord un sentiment d’incompréhension, puis d’injustice. Depuis plusieurs semaines, la compagnie espagnole Volotea multiplie les annulations et les modifications de vols au départ de la France. Les liaisons touchées sont confinées aux frontières européennes, puisqu’elles desservent la Corse, l’Italie ou l’Espagne. Onze vols au départ de Caen et à destination d’Ajaccio sont supprimés, idem depuis Brest.

Une « bonne excuse » pour Volotea ?

Et si les ajustements de programme sont monnaie courante dans le secteur aérien, c’est la justification avancée par le transporteur espagnol qui retient, cette fois-ci, l’attention des passagers : dans ses courriels d’annulation, la compagnie invoque « le conflit au Moyen-Orient ». Pour les clients concernés, le décalage géographique questionne. Comment une crise sécuritaire au Moyen-Orient peut-elle clouer au sol un appareil censé relier Bordeaux à Ajaccio, ou Lyon à Palerme ? Sur les réseaux sociaux, dans les médias locaux et auprès des associations de consommateurs, la surprise se mêle rapidement à la frustration. Les passagers s’interrogent, et soupçonnent la compagnie de masquer des annulations dictées par des impératifs économiques, comme un taux de remplissage jugé insuffisant pour rentabiliser le vol.

Dans un communiqué officiel, la compagnie fait évoluer subtilement son discours, et y intègre désormais un argument très pragmatique : la facture énergétique. Volotea justifie en effet ces ajustements par « des raisons opérationnelles liées à l’instabilité géopolitique résultant du conflit au Moyen-Orient », mais y associe désormais « la hausse très importante du prix du carburant à court terme ». 

Que dit la loi ?

La compagnie assure mettre tout en œuvre pour accompagner ses clients. Ses équipes s’engagent à contacter de manière proactive les passagers concernés en amont de leur départ, afin de leur permettre de réorganiser leurs vacances. Volotea propose à ses clients de modifier les vols sans frais supplémentaires ou d’exiger un remboursement complet du titre de transport.

« S’ils respectent un délai de quatorze jours, ils ne sont en effet pas tenus d’indemniser les clients », explique Emmanuelle Llop, avocate spécialisée en droit du tourisme et de l’aérien. « La compagnie aérienne doit laisser le choix au passager entre plusieurs options : un remboursement sous sept jours, un réacheminement dans les meilleurs délais et dans des conditions de transport comparables, ou encore un report à une date ultérieure, selon les disponibilités. Le transporteur est tenu de proposer ces alternatives. En pratique, la plupart des compagnies choisissent souvent de replacer les voyageurs sur un autre vol, sans frais supplémentaires », précise l’avocate.

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