TUI France parie sur son « offre stockée à 75% » pour réussir sa saison estivale
Avec les incertitudes liées à la guerre au Moyen-Orient, TUI France (Marmara, Lookéa, Nouvelles Frontières) pense que son modèle basé sur les engagements aériens et hôteliers sera une arme décisive pour la saison estivale.
Depuis l’embrasement du Moyen-Orient, le marché se montre attentiste. Espaces aériens fermés au Moyen-Orient, hausse des prix et manque de visibilité paralysent les Français au moment de réserver leurs vacances. Chez les voyagistes, les baisses observées de prises de commandes se situent entre 20 et 30%. « Mais toutes les études montrent que le budget des vacances et des loisirs est sacralisé. Nous nous attendons à ce que le marché reparte très fort, dès lors qu’il aura un peu de visibilité », analyse Jean-Baptiste Delsuc, directeur du tour-operating pour TUI France.
Avec, sans doute, une poussée en dernière minute. « Mais ça ne sera pas une clientèle opportuniste, à l’affût d’un bon tarif, comme on a l’habitude de l’observer chaque année. D’ailleurs, étant donné le contexte, les prix ne baisseront pas avant l’été. En revanche, cette clientèle en attente de visibilité réservera en dernière minute », espère Jean-Baptiste Delsuc. Et alors que les prix des carburants ne cessent de grimper, provoquant surcharges dans l’aérien et baisse du pouvoir d’achat des ménages, TUI France, qui coiffe notamment les clubs Marmara et Lookéa et la marque Nouvelles Frontières, estime proposer une offre calibrée au contexte actuel.
Une stratégie à contre-courant
En effet, « 75% de notre offre est stockée », assure Jean-Baptiste Delsuc. Comprendre : la disponibilité est garantie jusqu’à la dernière minute, et les prix ne bougeront pas. « Nous nous reposons toujours sur une stratégie basée sur l’engagement, même si ça n’est pas la tendance », indique l’ancien de Top of Travel, en référence à l’essor du package dynamique qui se poursuit. Le voyagiste d’origine allemande commercialise d’ailleurs le reste de ses produits via cette formule.
Mais ces engagements permettent surtout à TUI France de faire preuve de souplesse. « Le lancement de l’offre Plan B, par exemple, n’est possible que grâce à ces stocks. Et ça fonctionne bien : depuis son lancement, nous avons inversé les tendances de réservation », assure Jean-Baptiste Delsuc. Dans cette période incertaine, le positionnement de TUI France, aussi rendu possible grâce au modèle très intégré de sa maison mère TUI Group, serait donc l’une des clés.
Un nouveau concept autour de Marmara
Le tour-opérateur n’en oublie pas de cultiver son produit. En spécialiste reconnu des clubs, il référence 62 adresses (34 Lookéa et 28 Marmara), dont dix nouveautés (Bulgarie, Egypte, Espagne, Grèce, Maroc Tunisie…). TUI France lance également une nouvelle destination : l’Albanie, qui accueille le club Lookéa Amelia Mare. « C’est une nouvelle destination très tendance sur laquelle nous nous devions d’être présent », justifie Jean-Baptiste Delsuc.
Le voyagiste a également travaillé sur différents aspects de l’animation (accueil des clients, variations saisonnières, lien avec la clientèle hors activités…). « Nous nous appuyons sur notre école, Klaxon Rouge. C’est la seule qui nous permette d’aller si loin dans la personnalisation de l’accueil de nos clients. Travailler sur la convivialité du club, c’est aussi une façon de nous démarquer au sein d’un marché de plus en plus concurrentiel », explique Jean-Baptiste Delsuc. Un marché où TUI France, contrairement au passé, n’est plus le premier acteur en nombre de clubs et donc de volumes potentiels.
Grèce, Espagne et Italie en tête des ventes
Comme prévu, le voyagiste déploie par ailleurs son nouveau concept « Iconique Marmara » dans quatre hôtels. Dans ces clubs totalement Marmara, pas d’autres clients, de nouvelles activités (paddle…), des espaces de co-working, des tables d’hôtes et des partenariats renforcés avec les hôteliers. « Certains ont concédé d’importants travaux pour ce concept. Et ces quatre hôtels, avec plusieurs centaines de chambres réservées, sont d’ores et déjà de gros porteurs dans notre offre ».
Comme chaque année, des saisons thématiques sont aussi prévues dans les clubs (« Tropiques » pour Lookéa et « Destination Monde » pour Marmara) avec spectacles inédits et autres activités dédiées. Bref, le voyagiste s’estime armé pour peser sur le marché des clubs cet été. Et malgré un impact sur les prises de commandes depuis le 28 février, Jean-Baptiste Delsuc se dit « optimiste. Certaines destinations, comme l’Espagne, affichent déjà 75 à 80% de taux de remplissage ».
La destination étrangère préférée des Français se classe d’ailleurs deuxième derrière la Grèce dans le classement des destinations les plus réservées chez TUI France, à quelques pourcents près. « Et l’Italie ferme le podium », renseigne Jean-Baptiste Delsuc. Comme un été (presque) habituel pour TUI France.
