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Voyagistes : après un hiver prometteur, la guerre au Moyen-Orient freine l’activité

Depuis le 28 février et le déclenchement de la guerre en Iran, le Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto) fait état d’un recul des réservations d’environ 15% la première semaine de mars et de 25% la deuxième, ce qui augure un mois de mars difficile et jette une ombre sur l’été.

Si le Seto ne dispose « pas à ce jour de statistiques précises de l’impact du conflit sur les réservations de l’été », les premières remontées terrain font craindre une saison difficile. « C’est une situation préoccupante pour les TO que nous sommes, a souligné ce matin Patrice Caradec, le président de l’organisme. La France sera le succès de l’été prochain. »

L’effet domino sur les destinations proches

Les destinations traditionnellement prisées dans le Golfe, comme l’Arabie saoudite, la Jordanie, les Émirats arabes unis ou Israël, ont vu leurs départs suspendus, tandis que des effets secondaires se font sentir sur d’autres marchés proches. La Turquie et l’Égypte, qui affichaient jusque-là une croissance à deux chiffres, enregistrent un coup de frein notable.

Si certaines destinations sont à l’arrêt complet et d’autres à moins 50%, le marché se redéploie sur d’autres destinations, jugées plus sûres, et qui enregistrent des niveaux de demandes en hausse significative. C’est le cas de l’Europe du Sud, des Caraïbes, du Canada ou encore l’Atlantique avec les Canaries ou le Cap-Vert.

« Pour l’été, on avait 5 à 6% d’avance, qu’on va perdre, ajoute Patrice Caradec. Mais il y a des destinations qui ont de bonnes raisons de superformer : le Maroc, la Tunisie, l’Espagne, la Grèce. Et  après cette crise, ce sont les vols de point à point qui vont gagner. » 

Un début de saison été bien orienté avant le conflit

Pour la saison été, couvrant les départs du 1er mai au 31 octobre, les réservations enregistrées fin février laissaient entrevoir une croissance du chiffre d’affaires de 5,4% et du trafic de 4,1%. À cette date, elles représentaient environ 48% du volume total attendu pour la saison.

Les destinations phares sur cette période restent dominées par l’Espagne. La partie continentale affiche une forte progression (+25,6%), tandis que ses îles reculent, avec -4,1% pour les Baléares et -13,4% pour les Canaries. La Grèce suit de près. Si le continent progresse (+9,7%), les îles, comme la Crète ou Rhodes, sont en baisse (-9%). L’Italie complète le podium. Le continent affiche une hausse de 5,7%, portée notamment par la Sardaigne (+14,3%), alors que la Sicile recule (-4,6%).

Derrière ce trio de tête, la Tunisie reste en retrait (-3,4%), contrairement au Maroc qui poursuit sa progression (+8,5%). L’Égypte et l’île Maurice poursuivaient également leur dynamique positive. Avant le déclenchement du conflit, la zone Moyen-Orient affichait quant à elle une croissance de 28,5% en trafic. Parmi les destinations en recul, les Etats-Unis étaient en baisse de -33,3%.

Un hiver 2025-2026 solide avant la guerre

La saison hiver 2025-2026, qui couvre les départs du 1er novembre 2025 au 30 avril 2026, affichait au 28 février des indicateurs positifs. Les membres du Seto ont réalisé un chiffre d’affaires de 1,798 milliard d’euros (+5,3%), avec une recette unitaire de 1 728 euros (+1,2%). Le nombre de clients a atteint 1 040 368 (+4%). À cette date, la quasi-totalité des réservations de la saison hiver était déjà enregistrée, représentant 95% du volume total.

Les bonnes performances du ski en France (+5%) ont dopé le trafic intérieur, tandis que plusieurs destinations majeures ont enregistré de fortes croissances. L’Égypte a bondi de 41,4%, l’Italie de 19,5%, la République dominicaine de 7,6% et le Maroc de 4,8%. L’Espagne demeure la première destination, avec des disparités entre le continent (+16,2%) et les îles (Canaries à -5%, Baléares à -3%). Les Antilles françaises, le Vietnam et le Japon ont également affiché de solides performances, avec des hausses comprises entre 8 et 9%. En revanche, la Tanzanie, les États-Unis et la Tunisie ont connu des baisses significatives, allant de 8,9% à 15,9%.

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