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EasyJet se renforce à Lyon malgré « l’environnement fiscal contraignant »

La compagnie britannique poursuit l’expansion de sa base lyonnaise, la deuxième en France, alors même que la taxe sur les billets d’avion (TSBA) continue de freiner les ambitions de nombreux transporteurs.

Vingt-sept ans après l’ouverture de ses premières liaisons à Lyon-Saint-Exupéry, EasyJet confirme sa confiance dans l’aéroport rhônalpin. La compagnie orange approchera cet été la barre des 60 destinations depuis Lyon, dont 20 en exclusivité. Une nouvelle ligne vers Reykjavik, à raison de deux vols hebdomadaires à partir du 23 juin, viendra compléter le réseau, déjà enrichi l’an passé de liaisons vers Tanger, Pristina, Charm el-Cheikh, Séville ou Gran Canaria (toutes maintenues pour la saison 2026).

« La France ne rend pas la vie facile à ses transporteurs », reconnaît pour autant Réginald Otten, directeur général adjoint d’EasyJet pour la France. « Nous absorbons la hausse liée à la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA) sans la répercuter sur le prix des billets, mais cela nous oblige à réajuster nos capacités et notre offre », précise-t-il, déplorant aussi que « le vrai scandale de cette taxe soit qu’on la présente comme destinée à financer la décarbonation, ce qui n’est pas le cas ». De fait, 20% seulement des montants de la taxe sont assignés à des projets ferroviaires ou routiers.

Confiance dans le marché lyonnais

Malgré ce contexte, easyJet maintient sa dynamique. La compagnie, numéro un sur le court et moyen-courrier à Lyon avec 27 % de part de marché, y a transporté 3 millions de passagers en 2025 (contre 2,9 millions en 2024). Elle emploie plus de 300 collaborateurs sous contrat français et y re-base à nouveau sept avions. 

Surtout, depuis Lyon, le marché domestique reste la priorité, avec actuellement neuf lignes intérieures, et « malgré la double peine » de la TSBA, qui s’applique sur chaque billet émis au départ de la France (donc deux fois sur une ligne domestique). « Malgré cela, le marché domestique se maintient quand même, car la demande reste là », analyse Réginald Otten. 

Deuxième pilier du réseau lyonnais : le marché britannique, qui représente à lui seul 500 000 sièges par an, via des lignes vers Londres Gatwick et Luton, Manchester, Édimbourg, Belfast et Bristol. Sur ce segment, cet hiver, la compagnie a profité d’une excellente saison de ski portée par un enneigement exceptionnel.

Pour muscler encore ses liaisons vers la Grande-Bretagne, EasyJet et VisitBritain ont par ailleurs lancé une campagne, baptisée « Faites voyager votre imagination ». Du 18 mars au 1er avril, le café À Chacun Sa Tasse (Lyon 1er) se transforme en salon anglais éphémère, avec pâtisseries british, jeu-concours offrant des billets d’avion et animation digitale via QR Code. Inspirée de la tendance du set-jetting (le voyage sur les traces de films, séries ou œuvres littéraires), l’opération met en avant l’univers de Bridgerton, Jane Austen ou Peaky Blinders, pour stimuler l’envie d’évasion vers le Royaume-Uni.

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