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L’Union des aéroports français s’inquiète du déclin du pavillon français face à une « fiscalité mortifère »

Contexte géopolitique, contrôle aérien, fiscalité… Selon l’Union des aéroports français, les structures subissent une multiple peine et risquent un décrochage sans précédent.

Le constat dressé ce mercredi 25 mars par l’Union des aéroports français (UAF), ce mercredi face à la presse, est sans appel. Si l’année 2025 s’est achevée, pour les structures aéroportuaires françaises, sur un volume de 210 millions de passagers, soit une légère hausse de 2,3% par rapport à 2024, la France peine toujours à retrouver ses volumes d’avant-crise. Thomas Juin, président de l’UAF, plante le décor : « le trafic français reste à -1,8% par rapport à 2019, alors que l’Europe en moyenne est à +5,5% ».

Pour l’organisation, cette situation française est « une anomalie en Europe ». Les marchés voisins affichent en effet des croissances insolentes, portées par le Portugal (+22,6%), l’Italie (+18,7%) ou encore l’Espagne (+17%). « Ce décrochage, qui se fait un peu silencieusement, est pourtant réel, et n’est pas indolore », prévient Thomas Juin.

Effet ciseau

Car derrière une moyenne nationale déjà en berne se cache une fracture territoriale brutale : seuls 41% des aéroports français ont retrouvé leur niveau de 2019. Les plateformes régionales comme Lille, Bordeaux ou Toulouse accusent des baisses sévères, victimes de l’effondrement du trafic domestique (-26,6%, entre 2019 et 2025).

Selon l’UAF, cette perte de compétitivité s’explique en grande partie par la réorganisation de la compagnie nationale, repliée sur son hub de Roissy-Charles de Gaulle. « C’est un peu un effet ciseau : on observe un retrait d’Air France (…) et une augmentation de la fiscalité substantielle », décrypte Thomas Juin. « Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que c’est de la mobilité aérienne en moins pour les régions. »

Fiscalité « mortifère »

Difficile pour l’Union des aéroports français de faire l’impasse sur la hausse de la TSBA, cette question s’étant imposée comme le point de passage obligé de toute intervention dans le secteur. « Ce triplement de la taxe de solidarité sur les billets d’avion, on ne l’a toujours pas avalé, et on ne l’avalera jamais », martèle Thomas Juin. Car pour l’UAF, la demande est pourtant bien présente. « Il n’est pas là le problème, ce n’est pas un manque de clients, c’est une fiscalité qui est mortifère. »

Les compagnies low cost, qui captent désormais près de 45% du trafic, en voient leur modèle économique directement menacé. Avec une rentabilité unitaire comprise entre 5 et 6 euros, une hausse fiscale de 7 euros par passager détruit l’équilibre de nombreuses lignes.

Mesures de soutien

L’objectif des pouvoirs publics semble clair pour l’organisation : « on vient augmenter la fiscalité pour réduire finalement la présence des compagnies low cost en France. » Face aux délocalisations de capacités déjà actées pour 2026, « il n’est plus temps de discuter du bien-fondé de cette stratégie, regrette Thomas Juin. Mais le constat est implacable. »

Le contexte géopolitique accélérera pas non plus la croissance du secteur. La flambée des cours du kérosène frappe de plein fouet une industrie où le carburant pèse pour « un quart des coûts d’exploitation », rappelle le président. Face à ce choc exogène majeur, le secteur envisage ainsi de solliciter des mesures de soutien analogues à celles de la crise sanitaire, concède Thomas Juin à L’Écho touristique. Le recours à l’activité partielle est déjà sur la table pour pallier une éventuelle chute d’activité.

L’organisation réclame également une flexibilité sur les créneaux horaires afin d’éviter que les compagnies, confrontées à l’attentisme des voyageurs et aux déprogrammations long-courriers, ne perdent leurs droits de vol. Dans l’immédiat, la suppression de la hausse de la TSBA est jugée vitale. L’État est appelé à revoir sa copie : « Alignez-vous sur les pays comme l’Espagne, le Portugal ou l’Italie (…) pour que l’on ne subisse pas la double peine. »

« On n’a jamais été aussi mauvais »

En parallèle de cette tempête économique, les aéroports affrontent un mur opérationnel. La gestion de l’espace aérien français concentre de vives critiques. « Sur le contrôle aérien, on n’a jamais été aussi mauvais », assène Thomas Juin, pour qui désormais « les retards sont devenus structurels ».

L’UAF pointe le sous-effectif des contrôleurs, figé par le plafond d’emplois de l’État. « C’est absurde dans notre contexte particulier d’un financement qui existe, qui est là pour obtenir une qualité de service », déplore-t-il, les frais de navigation étant couverts par les redevances des usagers.

La filière exige alors une relation de loyauté et de réalisme avec les pouvoirs publics. « On a constamment subi une caricature de notre secteur depuis 2019 », regrette Thomas Juin. Il dénonce une approche dogmatique où l’on a « traité ce sujet en voulant sanctionner la France jusqu’à présent, en voulant punir la France ».

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