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Club Med : la piste d’une introduction en Bourse revient sur le devant de la scène

Sujet de discorde profonde entre Fosun, l’actionnaire majoritaire de Club Med, et Henri Giscard d’Estaing, son ancien président, le sujet de l’introduction en Bourse de la marque revient sur le devant de la scène.

En juin 2025, Henri Giscard d’Estaing, alors président du Club Med, évoquait la possibilité de réintroduire la marque au trident en Bourse. Une sortie qui avait provoqué l’ire de Fosun, l’actionnaire majoritaire du groupe, après plusieurs mois de tensions entre l’équipe entourant l’emblématique dirigeant et le conglomérat chinois. Jusqu’à provoquer le départ de « HGE », en juillet dernier.

Mais Fosun semble rétropédaler. En effet, le Club Med envisage sérieusement une réintroduction en Bourse. L’opération est désormais ouvertement mentionnée par ses dirigeants. Interviewé par Le Figaro, le nouveau PDG du Club Med, Stéphane Maquaire, indique ainsi que celle-ci pourrait intervenir « fin 2026 ou en 2027 ».

Fosun, un conglomérat très endetté

« Cela reste néanmoins une décision d’actionnaire », rappelle le dirigeant, estimant qu’être coté « est un levier de visibilité et d’attractivité supplémentaires pour une entreprise ». Paris, Amsterdam et Hong Kong seraient des options possibles pour cette possible réintroduction en Bourse. Club Med avait en effet quitté la cote parisienne en mars 2015 après son rachat par Fosun. La transaction, évaluée à 939 millions d’euros, venait conclure une bataille épique avec la famille Bonomi, désormais propriétaire de PortAventura World. À l’époque, c’est Henri Giscard d’Estaing qui portait les intérêts de Fosun dans ce dossier.

Le mariage a connu des hauts et de bas. D’autant plus que le conglomérat est très endetté, suscitant des inquiétudes en interne. Au 30 juin 2025, son endettement total s’élevait à 222,1 milliards de renminbi (environ 32,2 milliards de dollars), soit une hausse de plus de 1,1 milliard de dollars par rapport à fin 2024, selon Fosun, qui détient d’autres intérêts en France, comme la maison Lanvin ou les margarines St Hubert.

Bpifrance au capital ?

Une réintroduction de Club Med aurait plusieurs conséquences majeures. D’abord, le groupe pourrait accéder à plusieurs centaines de millions d’euros de financement sans recourir à l’emprunt. Et donc sans alourdir son endettement. De quoi financer le développement de la marque fondée en 1957, alors que Stéphane Maquaire assurait l’automne dernier qu’il fallait « maintenant accélérer car le risque est de se retrouver petit ». « D’ici 2035, nous avons pour objectif d’atteindre 100 villages à travers le monde, en triplant notre rythme de croissance actuel », chiffre l’ancien de Carrefour.

Surtout, l’ouverture du capital lié à cette réintroduction en Bourse entraînerait une dilution du contrôle de Fosun au profit de nouveaux investisseurs, qui resteraient toutefois minoritaires. C’est précisément ce sujet qui avait généré le plus de tensions entre Henri Giscard d’Estaing et Fosun, le conglomérat n’étant pas enclin à partager le contrôle de la marque au trident. Il y a quelques semaines, l’ancien dirigeant a d’ailleurs contesté son licenciement auprès du conseil de prud’hommes de Paris.

Parmi les profils d’investisseurs intéressés à l’époque évoqués par « HGE » : Bpifrance. Ce qui permettrait d’ancrer une gouvernance et institutionnelle tricolore dans le pilotage du groupe. Mais, comme le dit Stéphane Maquaire, la décision finale reviendra à Fosun.

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