Malgré des résultats semestriels au vert, le Groupe ADP fait face à la contestation de son plan 2027-2034
Malgré des résultats semestriels encourageants, en juillet, le Groupe ADP a présenté un trafic mensuel en repli, pour le deuxième mois consécutif. Et fait face aux critiques des compagnies aériennes sur son contrat de régulation économique.
L’actualité estivale du Groupe ADP est marquée par la publication de ses indicateurs d’activité, et la préparation de son prochain cycle d’investissement. Entre un trafic parisien toujours au ralenti au mois de juillet, des résultats semestriels soutenus par une cession d’actifs et les discussions entourant son futur cadre de régulation économique, le gestionnaire traverse un été charnière.
Trafic parisien en baisse
Au mois de juillet 2026, le trafic de passagers dans les aéroports de Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly a enregistré un recul de 1% sur un an, pour s’établir à 10,1 millions de voyageurs. Corrigée d’un effet de base lié aux grèves survenues les 4 et 5 juillet 2025, la baisse d’activité ressort à 2,2%. A l’échelle de l’ensemble de ses 27 plateformes gérées dans le monde, le groupe enregistre une légère progression de 0,3% avec 36,6 millions de passagers. Ce tassement de la fréquentation s’explique, selon le groupe, par les répercussions du conflit au Moyen-Orient et la hausse des cours du carburant, qui ont conduit les transporteurs à ajuster leurs programmes de vols. Dès la mi-juillet, le groupe avait révisé sa perspective de croissance annuelle du trafic à Paris à 0,5%, contre une prévision initiale comprise entre 1,5% et 2,5%.
Sur le plan financier, le premier semestre 2026 se traduit par un chiffre d’affaires en hausse de 1,6%, à 3,22 milliards d’euros. Cette performance nette intègre pour l’essentiel la plus-value de 257 millions d’euros réalisée en avril lors de la cession de 3,4% du capital de la société aéroportuaire indienne GMR Airports. Si le bénéfice net part confirme cette hausse (+3,2% pour 312 millions d’euros), l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) s’inscrit pour sa part en léger retrait de 1%, à 1 015 milliards d’euros, affecté notamment par une baisse de 2,7% des dépenses moyennes des voyageurs dans les commerces des terminaux. Afin de préserver ses équilibres de gestion, l’opérateur a ainsi annoncé engager un plan de maîtrise des coûts, prévoyant entre 40 et 60 millions d’euros d’économies d’ici la fin de l’année.
Les compagnies aériennes contestent le contrat de régulation économique
C’est durant l’été également qu’ADP et l’État ont finalement conclu, fin juillet, un accord de principe sur le contrat de régulation économique (CRE) pour la période 2027-2034. Ce projet prévoit un programme d’investissements régulés de 8,2 milliards d’euros, destiné à moderniser les infrastructures de Roissy et d’Orly. Le dispositif vise à accueillir jusqu’à 18 millions de passagers supplémentaires à l’horizon 2034. L’accord retient un plafonnement de la hausse des redevances aéroportuaires à l’inflation majorée de 2,1%.
Un cadre tarifaire qui fait l’objet de réserves chez les compagnies aériennes du Syndicat des compagnies aériennes autonomes (Scara). L’organisation – qui représente des acteurs positionnés sur les réseaux domestique, européen et ultra-marin, et est menée par easyJet – conteste la grille d’évolution des redevances. Celle-ci prévoit une hausse de 34% sur les lignes intérieures et de 21% sur les liaisons européennes sur sept ans, contre 16% sur les vols internationaux. Et le Scara d’estimer que le CRE favorisera principalement la stratégie de hub international d’Air France à Roissy-CDG. L’organisation professionnelle juge la répartition des investissements inéquitable : près de 40% cible le réseau de correspondances et seulement 20% le point-à-point, alors que le transit ne représente que 29,5% du trafic global d’ADP.
Phase de concertation
Dans un contexte d’alourdissement de la fiscalité aéroportuaire (revalorisation de la taxe de solidarité sur les billets d’avion et instauration prochaine de la contribution CDG Express), le syndicat alerte sur la compétitivité des aéroports tricolores. Il appelle ainsi l’État à revoir sa copie et à privilégier un scénario d’investissement limitant l’évolution tarifaire au strict niveau de l’inflation pour les liaisons françaises, régionales et ultramarines.
Une phase de concertation s’ouvre désormais avec les compagnies aériennes et l’Autorité de régulation des transports (ART), dont l’avis conforme conditionnera la signature définitive du contrat d’ici la fin de l’année 2026.
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