La Direction générale de l’Aviation civile (DGAC) dresse un premier bilan de la hausse de la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA), entrée en vigueur en mars 2025. Impact sur les tarifs, ralentissement de l’offre et pression accrue sur la compétitivité : selon l’instance, l’augmentation de la TSBA a été répercutée « en grande partie, voire en totalité » dans les prix du transport aérien. La DGAC note jusqu’à « deux points d’inflation supplémentaire », dans un contexte d’inflation globale contenue. Selon l’instance, l’effet porte à la fois sur le tarif final payé par les passagers et sur les « coûts de touchée » (redevances d’atterrissage, de stationnement, d’embarquement et de débarquement), qui s’additionnent à la fiscalité directe. Un surcoût qui s’élèverait à environ 4,77 euros par billet sur les trajets intérieurs et européens au départ de la France, et jusqu’à 120 euros par trajet long-courrier en classe affaires. « La hausse du prix des billets d’avion affecte directement la demande et l’accessibilité des territoires », prévient le SCARA.
Détournement des capacités
Les organismes notent également une progression de l’offre de sièges en retrait qui, en France, n’a augmenté que d’environ +1,4% à +1,5%, contre +4,5% à +4,7% ailleurs sur le continent. Selon la DGAC, cette baisse risque d’entraîner une dégradation de la position concurrentielle des aéroports français sur le moyen et le long-courrier, notamment face aux grands hubs extra‑européens qui captent le trafic de correspondance. Le SCARA reprend les constats de la DGAC et met en avant l’effet dissuasif d’une fiscalité jugée non harmonisée en Europe. « La fiscalité française renchérit le prix des billets d’avion, détourne des capacités vers d’autres marchés européens et fragilise l’attractivité du pavillon national », affirme le syndicat dans un communiqué. Les compagnies privilégieraient alors, selon lui, les lignes moins taxées. « La perte d’attractivité de la France a des effets sur l’emploi et la connectivité », ajoute-t-il.


