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Aérien : la FNAM et IATA déplorent un décrochage du pavillon français

En dépit d’une demande solide, le marché français décroche en 2025, sous l’effet conjugué de hausses fiscales et de faiblesses structurelles.

Réunis à Paris ce mardi 30 septembre, Pascal de Izaguirre, président de la FNAM (Fédération Nationale de l’Aviation de ses Métiers), et Rafael Schvartzman, vice-président régional Europe de l’IATA (Association internationale du Transport Aérien), ont dressé un bilan contrasté de la saison aérienne. À l’échelle mondiale comme européenne, la dynamique reste bien orientée, avec des coefficients de remplissage proches de 88% et une croissance de trafic d’environ 4,2% en Europe.

En France, en revanche, la progression plafonne autour de 1,6% sur les derniers mois – confirmant un retard par rapport à la moyenne européenne. « Nous observons une forme de décrochage français, dans un environnement européen pourtant favorable », a résumé Pascal de Izaguirre.

Un différentiel qui s’inscrit d’ailleurs dans une tendance plus longue : sur dix ans, le rythme de croissance des passagers en France apparaît inférieur à celui de plusieurs de ses voisins. Conséquence visible cet été : la France a perdu du terrain en termes d’offre de sièges, reculant, en un an, du 4 au 6ème rang européen.

« Impact négatif » des hausses de fiscalité

Pascal de Izaguirre et Rafael Schvartzman ont évidemment déploré la hausse de la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA), entrée en vigueur au printemps – faisant de la France, selon l’IATA, un des marchés européens les plus taxés. « Nous avions fait part de nos craintes et de nos anticipations suite aux hausses de la fiscalité sur l’impact négatif que ça aurait sur le trafic aérien français. Malheureusement, c’est ce que nous constatons », a déploré le dirigeant de la FNAM.

Ces augmentations ont, selon les intervenants, entraîné une hausse des prix, avec un tournant observé à partir d’avril. Elles ont aussi accéléré des arbitrages de capacité au profit de marchés jugés plus attractifs. L’occasion, pour Pascal de Izaguirre, de rappeler l’exemple de Ryanair, qui a annoncé une réduction d’environ 11 à 13% de son offre en France pour l’hiver 2025-2026 – tout en l’augmentant parallèlement en Italie et en Allemagne. L’organisme plaide donc pour un alignement sur les pratiques d’autres États européens ayant renoncé à des taxes spécifiques sur l’aérien ou les ayant allégées.

Taxes vertes

Les deux organisations ont défendu les avancées environnementales observées en France : des émissions 2024 revenues à environ 93% du niveau d’avant-crise pour un trafic quasiment rétabli, et un gain d’efficacité énergétique cumulé d’environ 31% depuis 2000. Le seuil d’incorporation des SAF, de 2% pour 2025 selon les exigences de ReFuelEU Aviation, paraît donc atteignable. Reste que les volumes et les coûts à venir posent question. Et selon l’IATA, les taxes vertes ne sont efficaces que si elles financent effectivement la décarbonation. Dans le cas contraire, elles pèseraient sur l’activité sans accélérer la transition.

Service minimum garanti

Les performances de la navigation aérienne en France restent également un point de fragilité. Malgré une amélioration relative par rapport à 2024, l’été 2025 demeure, en France, très en deçà de l’objectif européen de 0,9 minute de retard en route par vol, selon M. Schvartsman.

Les grèves récurrentes amplifient cet effet. La FNAM s’inquiète ainsi de la mobilisation annoncée par les contrôleurs aériens pour les 7, 8 et 9 octobre, celle du 4 juillet ayant entraîné l’annulation de plus de 1 500 vols, et impacté plus d’un million de passagers, pour un coût estimé d’environ 120 millions d’euros pour les compagnies. L’organisation appelle à renforcer le « service minimum garanti » afin de préserver la continuité.

En filigrane, le message est double : la demande existe, et l’industrie demeure résiliente, mais le différentiel de compétitivité s’accroît. La hausse de la fiscalité passagers, la progression plus rapide des redevances aéroportuaires en France que dans le reste de l’Europe, l’incertitude sociale dans la navigation aérienne et la réallocation de capacités vers des marchés plus prévisibles contribuent à un décrochage du pavillon français. “La France se trouve à un point critique”, a averti Rafael Schvartzman, estimant urgent de recréer un cadre propice à l’investissement, à la connectivité et à la transition environnementale, faute de quoi l’attractivité, l’emploi et la souveraineté aérienne pourraient en pâtir.

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