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Le remboursement des cures thermales remis en question, le secteur s’inquiète

Alors que la Cour des Comptes remet en question la rentabilité des cures thermales et que le gouvernement envisage de réduire leur remboursement, le secteur s’inquiète et monte au créneau. Les cures thermales génèrent près de 25 000 emplois de 4,5 milliards d’euros de retombées économiques.

Mardi 23 septembre, Julien Dubois, maire de Dax et président de l’association des maires de communes thermales, était reçu à l’Elysée par les conseilleurs du président de la République. Il venait y plaider une cause bien précise : celle du remboursement des cures thermales, menacé par un projet de décret « visant à la réduction du remboursement (…) pour les patients en situation d’affection longue durée (ALD). »

Prêt à être signé, ce décret prévoit en effet de supprimer le remboursement intégral des cures thermales pour les Français reconnus en ALD : à partir du 1er février 2026, ils ne seraient remboursés par la sécurité sociale qu’à hauteur de 65%, contre 100% aujourd’hui. Concrètement, cela entraînerait un surcoût de 200 euros pour les patients – sans compter les frais d’hébergement et de restauration, qui demeurent à leur charge.

Pas de consensus scientifique

Rigueur budgétaire oblige, l’Assurance maladie tente de réaliser des économies là où elle le peut – en 2026, elle devra réduire ses dépenses de 5,5 milliards d’euros. Ce changement lui permettrait d’économiser 25 millions d’euros – un montant marginal comparé aux enjeux globaux. Le thermalisme ne représente que 0,1% du budget de l’Assurance maladie.

Faute de consensus scientifique sur l’efficacité des cures thermales, leur remboursement fait régulièrement question. La Haute autorité de santé, l’organe scientifique indépendant qui décrète ce qui peut être remboursé ou non par la Sécurité sociale, n’a jamais été saisie sur la question. Les professionnels du secteur, indignés par cette menace qui viendrait mettre à mal leur économie, évoquent toutefois les nombreuses études indépendantes réalisées sur les bienfaits du thermalisme – une soixantaine, menées par l’Association française pour la recherche thermale. Mais rien qui ne fasse autorité en la matière.

Remise en cause

Ainsi, en avril 2025, un rapport de la Cour des Comptes questionnait l’intérêt de leur remboursement intégral : « la France est l’un des derniers pays de l’OCDE à prendre en charge des soins de cure thermale, sans que leur service médical n’ait été démontré (…). Dans le contexte actuel des finances sociales, il serait nécessaire de remettre en cause cette prise en charge ». Et sans pour autant juger nécessaire l’arrêt total de leur prise en charge, demander plus de flexibilité : « Les prises en charge devraient pouvoir être modulées en différenciant les durées des cures selon les indications médicales. »

Une remarque entendue par le gouvernement qui, alors que la dette française atteint des sommets, cherche à faire des économies là où il le peut. Le décret que le futur ministre de la Santé aura la lourde tâche de signer prévoit « la suppression de l’exonération de la participation des assurés en affection longue durée aux frais relatifs aux cures thermales ». « Une goutte d’eau dans cet océan d’argent à trouver », selon nos confrères du Parisien, qui ont dévoilé le contenu de cette mesure.

Le secteur s’inquiète

Un coup dur pour la centaine d’établissements thermaux français, qui dépendent partiellement – ne serait-ce majoritairement – de ce remboursement. Ils risqueraient ainsi de voir leur patientèle chuter… Après avoir subi un recul de fréquentation depuis le Covid. Selon les chiffres du Conseil national des établissements thermaux (CNETh), on comptait 470 000 curistes l’an dernier, contre 580 000 en 2019.

25 000 emplois dépendent, en France, des cures thermales. Le secteur génère également 4,5 milliards d’euros de retombées économiques. Un remboursement moins conséquent de ces cures pourraient même affecter « toute l’économie locale », selon Julien Dubois – hôtels, restaurants… L’attractivité touristique de certaines stations dépendant presque entièrement du thermalisme.

Sur les bancs de l’Assemblée nationale et du Sénat, la mesure fait également débat. 26 parlementaires, menés par Denis Fégné, député socialiste des Hautes-Pyrénées et président du groupe d’étude sur le thermalisme à l’Assemblée, ont adressé ce lundi une lettre à Sébastien Lecornu, insistant sur la « contribution à la santé publique et à l’économie des territoires ». Et d’alerter sur les conséquences économiques que pourrait avoir cette proposition : « 70% des stations thermales sont situées dans des communes de moins de 5 000 habitants. Elles contribuent ainsi à maintenir une présence médicale, à lutter contre les déserts médicaux et à dynamiser les territoires. »

Début octobre, Julien Dubois se rendra de nouveau à Paris, pour échanger avec les parlementaires travaillant sur ce sujet. Reste encore à voir si le maire de Dax réussira à plaider sa cause.

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