Plan social chez TUI France : les anciens cadres déboutés
Le conseil de prud’hommes du tribunal de Nanterre a débouté 60 des 61 anciens cadres de TUI France qui contestaient leur licenciement suite au plan social de 2020.
Le verdict du conseil de prud’hommes de Nanterre portant sur le licenciement contesté par 61 anciens cadres de TUI France a été rendu. Et il est difficile à avaler pour les plaignants, tous déboutés ou presque par l’instance. Seule une salariée, enceinte au moment du plan social, a obtenu gain de cause.
Une décision qui vient contredire celles rendues dans deux autres procédures aux volumes bien moindres à Rouen (2 salariés) et Paris (1 salariée). « C’est contradictoire », s’agace Lazare Razkallah, président du Conseil social et économique (CSE) de TUI France au moment de l’application du plan social, et toujours impliqué dans le suivi du dossier.
Les anciens cadres reprochaient notamment à TUI France les conditions de leurs licenciements, élément central de la procédure. Elles ont été annoncées sous la forme d’une visioconférence. Une humiliation pour un certain nombre de salariés. « Cet épisode a laissé un traumatisme durable. Pour certains, il ne sera jamais totalement digéré tant qu’aucune décision ne sera rendue pour le condamner » avait plaidé Xavier Van Geit, l’avocat de nombreux plaignants, en mai dernier lors de sa plaidoirie devant le conseil de prud’hommes de Nanterre.
« On a l’impression que c’est le pot de terre qui perd contre le pot de fer »
Absence de reclassement, différences de traitement entre les salariés TUI France et ex-Transat, effet d’aubaine lié à la crise sanitaire… : l’ensemble des griefs avancés contre le voyagiste par les plaignants semble donc avoir été écarté par le conseil de prud’hommes, qui n’a pas encore motivé sa décision.
« On a l’impression que c’est le pot de terre qui perd contre le pot de fer », regrette Lazare Razkallah. L’ancien syndicaliste, qui sera bientôt conseiller prud’homme, appelle toutefois tous les salariés à « faire appel » de la décision. « Certains baissent les bras, il faut le reconnaître, car les procédures sont interminables. Mais, dans le cas contraire, la direction aurait fait appel. Les salariés doivent utiliser ce droit à la justice jusqu’au bout ».
Pour rappel, le PSE enclenché en 2020 a conduit au départ de 583 salariés sur les 904 qu’employait alors TUI France. Le tour-opérateur s’est également séparé de ses 64 agences de voyages physiques. Certaines ont été reprises par d’autres groupes, ou arborent toujours les couleurs de TUI, mais sous le statut de mandataires.
