A Paris, le nombre de meublés touristiques a chuté, selon Frédéric Hocquard
La mairie de Paris souhaite une régulation et un contrôle renforcé des locations saisonnières, en baisse à Paris selon de nouveaux chiffres.
« A Paris, nous sommes passés à 60 000 locations saisonnières, contre 98 000 en 2024 », a déclaré Frédéric Hocquard, adjoint à la mairie de Paris, en charge du Tourisme et de la vie nocturne. C’était vendredi 26 septembre, à l’occasion des Assises du tourisme durable. « L’objectif n’est pas d’atteindre zéro, mais de réguler. Et de trouver un niveau qui ne remette pas en cause la possibilité pour les Parisiens de se loger. »
L’Office du tourisme de Paris, baptisé Paris je t’aime, confirme une baisse notable. Avec des chiffres toutefois différents, issus de Light House. La capitale compte ainsi 65 000 meublés touristiques en 2025 (intra-muros), contre « plus de 85 000 en 2024 ».
90 jours pour les résidences principales
Les Jeux olympiques et paralympiques de Paris avaient stimulé l’offre l’an passé. Un graphique publié en 2024 par l’Institut Paris Region montrait un doublement du nombre d’annonces Airbnb sur un an. Des propriétaires ont de toute évidence retiré leurs logements, alors même que la réglementation s’est depuis corsée avec la loi Le Meur de novembre 2024. Depuis le 1er janvier 2025, il est possible de louer sa résidence principale en meublé touristique 90 jours par an, contre 120 jours auparavant.
« Nous nous battions depuis des années » pour cette loi, se réjouit Frédéric Hocquard, qui veut aller plus loin. « Nous avons ciblé des zones pour interdire toute construction de nouveaux meublés touristiques dans des zones en tension comme la Butte Montmartre, Paris centre, Champ de Mars… »
Si Frédéric Hocquard salue le rayonnement de Paris suite aux Jeux olympiques, il redoute désormais la surfréquentation et « une muséification de la ville sur le modèle de Venise ». Aujourd’hui, Paris accueille entre 35 et 40 millions de visiteurs par an. « Au-delà de ce seuil, on risque de rompre l’équilibre. »
« Il faut qu’on travaille sur les questions liées au surtourisme »
Le tourisme est « bien accepté par les habitants aujourd’hui. Il faut qu’on travaille maintenant sur les questions liées au surtourisme et à la répartition des flux à Paris. Nous commençons à avoir quelques signaux d’alerte dans certains quartiers », avec « des tensions entre les habitants et les touristes ». « Dans certains quartiers, nous sommes déjà en situation de surtourisme. »
Et l’élu d’aspirer à « une meilleure répartition » pour éviter un phénomène de rejet des habitants comme il s’est produit « à Barcelone ou à Amsterdam ». Paris a d’ailleurs récemment adhéré à l’Alliance européenne des villes pour un tourisme équilibré.
« La question de la régulation, de l’usage et du partage des espaces publics est devant nous. »
12% des emplois
A Paris, le tourisme représente près de 12% de l’emploi et génère 15 milliards d’euros de retombées économiques, souligne l’édile.
Au niveau du développement durable, la destination parie notamment sur les mobilités douces, les pistes cyclables mais aussi la vingtaine d’hôtels en mesure d’accueillir les cyclotouristes. Et « moins de flux d’autocars de touristes dans la ville ».
La capitale souhaite également promouvoir des pas de côté, à Saint-Denis par exemple, pour profiter du rayonnement de la ville pendant les Jeux olympiques. Sans oublier la vie nocturne également, en veillant à éviter les excès. La fête de la musique, qui a attiré de nombreux visiteurs étrangers, a généré des nuisances. « Il a fallu trois jours pour nettoyer la ville ».
Une nouvelle application
Paris je t’aime tente aussi de mettre en valeur des arrondissements relativement peu touristiques, à l’image du 20e où le cimetière du Père Lachaise attire déjà 3,8 millions de visiteurs par an.
L’an passé, l’OT a fermé son dernier point d’accueil touristique, Spot24, situé au pied de la tour Eiffel. Depuis, il s’appuie sur un réseau de « 63 points d’information labellisés Paris Je t’aime », a souligné Corinne Menegaux, sa directrice générale. Il s’agit de kiosques à journaux et de professionnels du tourisme.
En parallèle, l’organisme vient de sortir une application mobile, qui reprend « les mêmes informations que la web app », précise Corinne Menegaux. Une appli sur laquelle la baignade dans la Seine devient tendance. La ville vient d’ailleurs de rejoindre l’alliance Swimmable Cities, le réseau mondial des villes baignables.
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