ADP dévoile un plan d’aménagement à 8,4 milliards d’euros dans l’espoir de booster sa compétitivité
Le groupe ADP a dévoilé ce jeudi son « contrat de régulation économique » pour les huit années à venir. Au programme : fluidifier l’expérience des passagers, moderniser les aéroports, et développer plusieurs nouvelles infrastructures.
Fluidifier, densifier et développer : voilà les mots d’ordre suivis par le nouveau contrat de régulation économique présenté par le groupe Aéroports de Paris (ADP) ce jeudi 11 décembre. De 2027 à 2034, ce seront ainsi pas moins de 8,4 milliards d’euros qui seront investis par le groupe, notamment via une hausse des redevances aéroportuaires, sur les deux aéroports parisiens – Roissy-Charles de Gaulle et Orly.
Dans huit ans, ADP espère ainsi augmenter la capacité d’accueil des deux structures de 18 millions de passagers. Tout en modernisant ses infrastructures, afin de répondre aux défis de décarbonation, de compétitivité internationale et de vieillissement des terminaux.
La stratégie présentée ce jeudi devant les investisseurs et la presse rompt avec les projets passés, notamment via l’abandon du Terminal 4, en adoptant une démarche désormais fondée sur l’efficacité, la modularité et la progressivité. En somme, améliorer avant de construire. Et si construction il y a, privilégier les petits projets à une construction colossale comme celle envisagée auparavant.
« Un choc de simplification, de fluidité et de ponctualité »
Développé en trois phases, le projet d’aménagement s’attardera d’abord, entre 2027 et 2030, à fluidifier – et donc à améliorer – le parcours des passagers. Plus concrètement, les capacités aux frontières seront renforcées, puis équipées avec de nouvelles technologies. « Un choc de simplification, de fluidité et de ponctualité », selon le directeur général du groupe, Philippe Pascal.
Puis, entre 2030 et 2032, ADP s’attardera à moderniser l’existant, « au service de la performance des compagnies aériennes », précise-t-on. Cela consistera donc à augmenter les capacités dans les terminaux, à mettre au contact certains postes aujourd’hui opérés au large, ou encore à moderniser les systèmes de tri des bagages. A Charles de Gaulle, cela se traduira notamment par la densification des espaces du Terminal 3 et la création de la première partie d’un nouveau satellite à l’est.
L’ultime phase de cet ambitieux plan (2032-2034) concrétisera cette fois-ci le développement de nouvelles infrastructures, incluant la construction de la deuxième partie de ce nouveau satellite, qui viendra alors remplacer l’actuel Terminal 2G. Le plan le plus ambitieux de cette phase reste toutefois la création d’un nouveau train de correspondance (un projet à 1,3 milliard d’euros) qui, post-sécurité, viendra « relier efficacement tout le hub ». Le projet promet également de créer un nouveau hall intermodal à la gare CDG2 et, à Orly, de construire une nouvelle salle d’embarquement connectée à Orly 2 via une passerelle piétonne.
Rester dans la course
Avec ces aménagements, ADP veut favoriser le trafic international qui, depuis la pandémie de Covid-19, reste celui qui se porte le mieux. Le groupe estime qu’il augmentera de 2,7% entre 2026 et 2034, quand le trafic domestique continuera de baisser (-1,5%), et que celui de l’espace Schengen augmentera plus tranquillement (+1,7%). Les passagers internationaux devraient représenter 56% du trafic des deux aéroports d’ici 2034.
Des investissements certes colossaux, « historiques » selon ADP… Mais nécessaires pour s’assurer que les deux aéroports restent compétitifs à l’échelle internationale, face à une concurrence de plus en plus vive. En 2024, Paris Charles-de-Gaulle accusait toujours un repli d’environ 8% de son trafic, quand Orly réussissait tout juste à le dépasser, de 4% par rapport à 2019.
L’objectif : rester dans la course, et maintenir Roissy parmi les dix meilleurs aéroports du monde. Avec un plan qui prendra donc, comme mentionné antérieurement, la forme barbare d’un nouveau contrat de régulation économique (CRE), un accord sur plusieurs années entre l’Etat et l’opérateur public visant à encadrer son activité, ses investissements et ses tarifs. Conformément à la loi, le CRE doit assurer une juste rémunération des capitaux investis, sans jamais être « trop » rentable. Il ne concernera d’ailleurs pas la partie dite « non régulée » des aéroports, comme l’exploitation des commerces ou des parkings, ou encore les activités d’ADP à l’international.
Augmentation des redevances
Mais l’entrée en vigueur du CRE, le chemin est encore long : il devra être soumis à l’avis – consultatif certes, mais non négligeable – de l’Autorité de Régulation des Transports (ART), puis être retravaillé par l’Etat, et à nouveau soumis à l’ART.
Pour mener à bien ce plan colossal, ADP prévoit donc d’augmenter de 2,6% de plus que l’inflation les redevances aéroportuaires versées par les compagnies aériennes. Une moyenne sur huit ans, qui se traduira concrètement par les compagnies par une augmentation de 5,5% en 2027, de 3% en 2028, puis de 2% par an entre 2029 et 2034. « Les tarifs applicables aux compagnies aériennes resteront, après la hausse proposée, dans la borne basse de nos concurrents », se justifie Philippe Pascal, prévenant toute réaction indignée. Et de citer les aéroports de Londres, où ces taxes augmenteront de 16,8%, celui de Francfort (+3,9%) et d’Amsterdam (+12,8%).
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