Sept ans après l’abandon de Notre-Dame-des-Landes, l’aéroport de Nantes au bord de la saturation, selon la Cour des Comptes
Dans un récent rapport, la Cour des Comptes dresse un bilan mitigé de la situation de l’aéroport de Nantes-Atlantique, et souligne de nombreux « problèmes d’exploitation. »
La situation de l’aéroport de Nantes-Atlantique est « délicate » : c’est l’euphémisme que la Cour des Comptes avait choisi d’adopter, ce lundi 1er décembre, lors de la présentation de son rapport sur le dit aéroport. Plus de 50 ans après les premières amorces du transfert de Nantes-Atlantique vers Notre-Dame-des-Landes, et sept ans après son abandon, l’institution dresse un bilan contrasté de la situation de l’aéroport, qu’elle juge saturé et sous-dimensionné, face à la hausse du trafic.
L’exploitation « se caractérise en effet par des contraintes particulières, liées à l’inadaptation de l’outil à un trafic qui a retrouvé en 2024 les niveau de 2019 », résume la cour Cambon, qui pointe de trop faibles capacités de stockage de carburant, des terminaux trop exigus compte tenu de la fréquentation, le trop faible nombre de postes avions et une manque de places de stationnement. En 2024, l’aéroport de Nantes-Atlantique avait accueilli sept millions de passagers.
Concession dépassée
Si cette situation appelle à une modernisation urgente, elle est surtout dépendante de l’arrivée d’un nouveau concessionnaire. En 2010, l’Etat signait avec la société Aéroports du Grand Ouest (AGO – Vinci) un contrat reposant sur la construction et l’exploitation du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes (NDDL). « L’exploitation commerciale de l’aéroport historique finançait en partie les travaux du nouvel aéroport », explique la Cour. Mais quand, en 2018, le projet NDDL avait été abandonné, l’Etat avait bien demandé la résiliation de cette concession, il avait repoussé sa date d’effet à la signature d’une nouvelle concession.
Depuis, l’aéroport de Nantes-Atlantique patauge entre deux eaux. Un premier appel d’offres échoue en 2023. L’échéance est donc repoussée en 2026, et le contrat de 2010 s’applique encore aujourd’hui. Une situation « génératrice de contentieux », notamment concernant le montant de l’indemnité pour résiliation et le devenir des résultats positifs accumulés par Vinci, qui réclame entre 1,4 et 1,6 milliard d’euros à l’État.
Il reviendra au futur concessionnaire de trouver l’équilibre entre les besoins évidents de modernisation, la trajectoire de développement de l’aéroport et les exigences formulées par l’État suite à l’abandon du déménagement – notamment sur la réduction des nuisances.
Lisibilité
L’Etat avait en effet annoncé, en 2019, 31 mesures compensatoires. La « plus emblématique », selon l’institution, reste l’instauration d’un couvre-feu en 2022, entre minuit et 6 heures du matin. Si celui-ci a permis de réduire les vols de nuit depuis 2019, son application demeure encore « perfectible » : 211 vols de nuit ont eu lieu en 2024. La première des trois recommandations de la Cour des Comptes consiste ainsi à « procéder à un bilan de l’exécution du couvre-feu. »
Les sages de la rue Cambon suggèrent également de « mettre à disposition du public un bilan de l’impact des mesures compensatoires sur la trajectoire de réduction des nuisances sonores ». Un nouveau plan de prévention du bruit dans l’environnement (PPBE) vient d’être adopté pour la période 2025-2029 : des mesures « nombreuses » et « peu lisibles », selon l’institution, selon laquelle « d’un document stratégique à l’autre, d’une publication à l’autre, les résultats ne sont pas harmonisés et permettent difficilement aux riverains de connaître en temps réel la situation des nuisances et d’évaluer la crédibilité des objectifs annoncés. »
« Vigilance »
Au-delà de l’aéroport existant, la Cour s’est également intéressée aux 1 425 hectares de l’ancienne zone d’aménagement différé (ZAD), et qui devaient initialement accueillir l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. L’État en a rétrocédé l’essentiel au conseil départemental de Loire-Atlantique, qui y mène depuis un projet agricole et environnemental. L’objectif y est surtout de régulariser la situation des occupants sur place : selon la Cour, la normalisation des occupations irrégulières a progressé. Il convient toutefois de « maintenir » une « vigilance » et « assurer la comptabilité des occupations avec les orientations du projet agricole et environnemental. »
Mais somme toute, l’avenir de Nantes-Atlantique dépend surtout de son sort institutionnel, que la Cour appelle à clarifier rapidement. En réponse à ce rapport, la société concessionnaire de Nantes-Atlantique a défendu sa performance économique, et dit rester « ouverte » à « un accord amiable équilibré », dans le cadre des contentieux qui l’oppose à l’État.
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NDDL n’aurait jamais dû être abandonné. Aujourd’hui Nantes Atlantique est incapable d’accueillir correctement les passagers. Le dépose minute est parfois saturé avec une attente de 30 minutes pour ressortir. Le manque de places est évident, son enclavement et ses accès limitent son expansion. Les réunions d’information faites par la DGAC ne servent à rien puisqu’ il nous promettait une baisse du trafic, c’est faux, le couvre feu n’est même pas respecté, les aides à l’insonorisation sont insuffisantes, les trajectoires de décollage sont modifiées et impactent encore plus de personnes… Les promesses ne sont pas tenues.