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Prix, fréquence, services : tout savoir sur le CDG Express reliant Paris à Roissy

Le gestionnaire d’infrastructure CDG Express et l’exploitant Hello Paris ont levé le voile, ce 27 mai, sur la future ligne rapprochant l’aéroport de Roissy de la gare de l’Est à Paris.

C’est ce matin, au Technicentre Est Européen (Bobigny, 93), qu’ont été dévoilés le CDG Express et ses services. Une rame élégante et spacieuse aux sièges bleu marine, qui ringardise le vieillissant RER B. 

Démarrage le 28 mars 2027

Le CDG Express « répond à un besoin identifié de longue date », qui « se compte en décennies », a insisté Baptiste Maurand, président du gestionnaire d’infrastructure CDG Express.

L’objectif consiste à « proposer une desserte fiable et rapide en redonnant au RER B sa vocation première de train du quotidien », a-t-il ajouté. Le service viendra aussi concurrencer les nombreux taxis et VTC qui gravitent autour de Roissy.

Le CDG Express doit relier la gare de l’Est à Paris à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle (CDG2) en vingt minutes. Les trains circuleront toutes les quinze minutes, de 5 heures du matin à minuit, à compter du 28 mars 2027. Et de, 7 jours sur 7. La liaison Bipôle en cours d’aménagement permettra de rejoindre en cinq minutes la gare du Nord à pied par un tunnel depuis la gare de l’Est.

Des prix pour les détenteurs de Pass Navigo

Côté prix, un voyageur seul paiera 25 euros le trajet simple. L’achat d’un billet aller-retour donnera droit à une réduction de 15% (soit 42,50€ l’AR). La gratuité sera accordée aux jeunes de 16 ans et moins accompagnés d’un adulte. Un abonnement pour les 90 000 salariés de la plateforme aéroportuaire est à l’étude.

Les rames comptent jusqu’à 420 sièges et des rangements généreux pour les bagages.  © Linda Lainé

Enfin, les détenteurs d’un Pass Navigo obtiendront 35% de réduction, ce qui portera le prix à 16,50 euros l’aller simple (28 euros l’AR grâce à la réduction de 15%).

« Une famille francilienne dont les parents détiennent un Pass Navigo, voyageant avec deux enfants, déboursera ainsi 33 euros par trajet simple, et 56 euros l’aller-retour. La moitié de nos voyageurs sont soit en famille, soit entre amis, avec un bagage en soute », a déclaré Myriam Taghzouti, directrice marketing et services.

Reste à déterminer le prix pour les 12 sièges Premium de l’espace « lounge », plus spacieux, destiné surtout aux voyageurs d’affaires.

Les agences de voyages et les compagnies au coeur du dispositif

Un site web et une application multilingues ainsi que des distributeurs automatiques dans les aéroports et à la gare de l’Est permettront d’acheter les billets en direct. Les usagers pourront également opter pour l’« open payment », soit le paiement dans les transports par carte bancaire. L’application SNCF Connect devrait elle aussi pouvoir vendre les billets.

En complément, Hello Paris compte bien s’appuyer sur tout l’écosystème du voyage. Comment Hello Paris compte-t-elle travailler avec les compagnies aériennes et les agences de voyage ? « Ce sont des acteurs très importants de la réussite du CDG Express », répond Myriam Taghzouti. « Nous avons des discussions avec Air France qui reste une compagnie de référence sur le terminal 2, mais aussi d’autres compagnies aériennes et le groupe ADP. »

« Pour les compagnies aériennes, nous réfléchissons à la possibilité d’être commercialisés sur leur site internet. Pour les agences de voyages, nous avons des échanges avec des regroupements d’agences de voyages et les opérateurs qui fournissent les outils pour les agences pour être intégrés dans les outils de vente » comme les GDS.

Un objectif de 6 à 8 millions de voyageurs

« Tout notre modèle économique repose sur les recettes des voyageurs, comme les autres liaisons européennes », a indiqué Soledad Valencia-Rissetto, présidente de l’exploitant Hello Paris. L’objectif est d’atteindre 6 à 8 millions de voyageurs par an en vitesse de croisière, soit dans 2 à 3 ans, soit 10% à 15% de la fréquentation de l’aéroport de CDG. La clientèle devrait être majoritairement loisirs (à 78%), selon les calculs du gestionnaire.

À bord : wifi, prises électriques et prises USB et USBC. À quai, il y aura toujours un train prêt à partir, pour que les passagers puissent s’assoir sans attendre. © Linda Lainé

Le gestionnaire prévoit 13 trains de différentes configuration, transportant chacun jusqu’à 420 sièges. Parmi eux figure « un train de réserve » afin de gérer au mieux les aléas, a précisé Marc Sorrentino, directeur général de Hello Paris Services. 

Un chef de bord maîtrisant l’anglais a minima, avec une expérience dans l’accueil ou le tourisme, embarquera sur chaque départ.

Au niveau du recrutement, le CDG Express a reçu plus de 10 000 candidatures, pour 170 postes à pourvoir.

Un investissement de 2,6 milliards d’euros

Le projet, porté par Aéroports de Paris, la Banque des territoires et SNCF Réseau a coûté au total 2,6 milliards d’euros, notamment financé par un emprunt de 2,2 milliards d’euros à l’État. Les infrastructures seules (rails, rames, atelier de maintenance…) auront représenté un investissement de 2,6 milliards d’euros, amorti sur 50 ans.

Pour CDG, c’est une question de compétitivité. Il devenait urgent de « doter Paris d’une nouvelle navette aéroportuaire directe, à l’instar des autres capitales internationales », rappelle Baptiste Maurand.

Du côté d’Orly, la navette automatique Orlyval relie depuis 1991 la gare d’Antony (RER B) à l’aéroport en environ six minutes, pour 14 euros l’aller-retour.

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