L'Europe importe normalement la moitié de son kérosène depuis les pays du Golfe, touchés par la guerre. Avec le blocage du détroit d'Ormuz, des voyageurs expriment des inquiétudes au niveau de l'approvisionnement, tout comme le secteur aérien en avril. Interrogée à ce sujet dans le cadre du congrès des EDV, Justine Coutard, directrice générale déléguée du Groupe Aéroports de Paris, s'est montrée à la fois optimiste et vigilante. "À ce stade, nous n’avons pas eu d’impact sur l’approvisionnement en kérosène" en Ile-de-France, a-t-elle assuré. "Au niveau des aéroports parisiens, nous sommes moins dépendants que d’autres aéroports du détroit d’Ormuz."
Ne pas céder à la "psychose"
Toutefois, le gestionnaire des plateformes Roissy et Orly reste prudent. "Pour qu’une ligne fonctionne, il faut aussi que le bout de ligne -la destination- soit alimentée correctement en kérosène. Or il peut y avoir des tensions en Asie, où les pays sont beaucoup plus dépendants du détroit d’Ormuz pour leur propre approvisionnement en jet fuel." ADP regrette néanmoins la couverture médiatique très importante sur les craintes de rationnement et les annulations de vols. "Il ne faut pas céder à la psychose sur le sujet. À force de mettre l’accent sur les annulations et sur le risque de renchérissement du prix du billet, on risque de décourager les gens de voyager cet été." Pour Justine Coutard, il faut désormais rassurer le marché. Les plus de 350 professionnels du tourisme réunis à Disneyland Paris partagent largement son point de vue.


