Roissy-Charles de Gaulle : appel à la grève le 18 juin
L’intersyndicale appelle à la grève le jeudi 18 juin à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle pour contester la politique de retrait des badges aéroportuaires par la préfecture.
L’intersyndicale des salariés de Roissy-Charles de Gaulle, regroupant la CGT, la CFDT, l’UNSA UL MOSZAR et Sud Aérien, a déposé un préavis de grève pour le 18 juin prochain. Le mouvement vise spécifiquement la politique de gestion des badges de sûreté, des documents obligatoires pour pouvoir exercer sur les plateformes de Roissy, d’Orly et du Bourget. Ces laissez-passer constituent le préalable légal indispensable pour des milliers de professionnels évoluant sous douane, comme les bagagistes, les agents de piste, les techniciens ou les agents d’entretien.
Durcissement des critères de délivrance des badges
Dans un tract diffusé aux salariés, les représentants syndicaux contestent les méthodes de la préfecture déléguée à la sécurité et à la sûreté. Le document fait état d’un durcissement des critères de délivrance et de renouvellement de ces habilitations. L’intersyndicale affirme dans son texte que « des habilitations sont refusées pour des motifs mineurs et n’ayant aucun lien avec les impératifs de sûreté ou de sécurité ».
Selon l’argumentaire des organisations syndicales, de simples amendes, des affaires classées par un non-lieu ou des dossiers judiciaires anciens entraîneraient aujourd’hui la suspension de ces permis de travail. Le tract fustige « une aberration qui ne respecte pas la loi sur la présomption d’innocence ». Les syndicats estiment par ailleurs que cette rigidité administrative favorise une précarisation de l’emploi, affirmant qu’elle permettrait aux employeurs de « licencier pour ‘fait du prince’ sans avoir à rendre compte ».
Aéroports de Paris et Air France ne réagissent pas encore
En toile de fond, une récente publication du média Lutte Ouvrière soulignait en avril que cette inflexibilité s’inscrivait dans le cadre des politiques gouvernementales de lutte contre le narcotrafic ; justifiant par exemple des désactivations de badges pour possession de cannabis ou en raison de délais dans le renouvellement de titres de séjour.
Face à cette situation, l’intersyndicale a formulé plusieurs revendications à l’attention des autorités préfectorales. Le texte demande explicitement « la création d’une commission paritaire afin d’étudier les dossiers litigieux » et la mise en place d’un « badge provisoire pendant une enquête jusqu’à la décision de justice ». Les représentants du personnel arguent que les employés ne doivent pas être « sacrifiés au nom d’économies budgétaires » et exigent en conséquence « l’attribution de plus de moyens humains aux services de la préfecture ».
Du côté des acteurs institutionnels et économiques du secteur de l’aérien, les réactions demeurent pour le moment mesurées. Sollicitée sur ce dossier, la direction du groupe ADP n’a pas souhaité faire de commentaires. Contactée également, la compagnie Air France déclare de son côté qu’elle attend les consignes de la Direction générale de l’Aviation civile (DGAC) avant de s’exprimer sur le sujet.
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