« Le chômage partiel est inenvisageable et inutile » – François Piot
La guerre au Moyen-Orient engendre une baisse significative d’activité. Pour autant, François Piot, PDG du groupe lorrain Prêt à Partir, ne plaide ni pour le chômage partiel ni pour des aides.
L’Écho touristique : Tous les clients de Prêt à Partir, bloqués au Moyen-Orient, dans l’Océan indien ou en Asie, sont désormais rentrés en France ?
François Piot : Oui, ils sont rentrés depuis deux semaines environ. Nous avions une centaine de clients à rapatrier. Les tour-opérateurs ont joué le jeu, tout s’est bien passé. Les compagnies aériennes ont en général payé les trois premières nuits à destination. Les tour-opérateurs ont payé les nuits supplémentaires, et ne nous ont pas demandé de participer, pour l’instant.
De nombreux voyagistes, réseaux d’agences et plateformes digitales évoquent un recul des ventes de voyages de 20%, voire de 30%. Vous confirmez cette tendance dans vos 90 points de vente ?
François Piot : Dans certaines zones, oui. Mais dans cette crise, nous avons un partenaire qui a l’avantage de se montrer souple, LuxairTours, qui est notre premier TO. LuxairTours n’applique pas de surcharge carburant et accepte que le client change de destination jusqu’à 14 jours avant la date de départ. Nous ne constatons pas de baisse de ventes sur son périmètre. Plus globalement, nous constatons un recul des ventes qui peut aller de quelques pourcents à 25%.
Comment comptez-vous résister et ajuster votre activité en conséquence ? Comme évoqué à l’événement des Entreprises du Voyage Centre-Est à Lyon, envisagez-vous des mesures de chômage partiel si la guerre au Moyen-Orient perdure ?
François Piot : Surtout pas ! Les clients veulent être rassurés s’informer, reporter. Les agences de voyages ont beaucoup de travail d’accompagnement et des prises de commandes. Environ 85% de l’activité totale de Prêt à Partir est préservée. Le chômage partiel est inenvisageable et inutile. Il aurait aussi l’inconvénient de briser le moral des équipes, comme ce fut le cas pendant la pandémie de Covid-19. J’ignore combien de temps durera la guerre au Moyen-Orient. Je suis plutôt pessimiste. Mais nous aurions plus à perdre (à mettre en place l’activité partielle plutôt qu’à y renoncer, NDLR). Même avec 15% d’activité en moins, nous comptons rester rentables.
En tant qu’entrepreneurs, nous faisons régulièrement face à des aléas. Nous devons par conséquent avoir de la trésorerie pour faire face aux imprévus.
Quelles destinations tirent néanmoins leur épingle du jeu ?
François Piot : L’Espagne, le Portugal, l’Italie. En revanche, la Grèce inquiète les clients, tout comme l’Égypte, Chypre et la Turquie. Plus on s’éloigne de l’Iran et d’Israël, mieux l’activité résiste.
Quel sera l’impact de la surcharge carburant des compagnies aériennes sur la demande ?
François Piot : Nous les répercutons sur les prix des voyages. Globalement, les gens veulent partir en vacances, et ils sont plutôt prêts à payer en conséquence. Je le rappelle, environ 85% de l’activité reste préservée. Le mois de mars représente traditionnellement un gros mois de l’année, complexifié cependant par le contexte actuel. Les Français mettent d’ailleurs plus de temps à se décider.
Qu’attendez-vous de l’État français ? Certaines aides ?
François Piot : Rien du tout ! Je ne suis pas complètement contre les cadeaux du gouvernement tels des reports de charge. Les autocaristes comme Prêt à Partir ne peuvent pas répercuter les hausses carburant, qui représentent 5% à 7% de notre chiffre d’affaires. Nous devrons attendre le mois de septembre pour augmenter nos prix.
Toutefois, il faut que les entreprises se montrent adultes. En tant qu’entrepreneurs, nous faisons régulièrement face à des aléas. Nous devons par conséquent avoir de la trésorerie pour faire face aux imprévus.
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