Les transporteurs ne laissent en général que quelques jours aux distributeurs pour émettre les billets au tarif antérieur avant l’entrée en vigueur des nouveaux niveaux de surcharge, souligne un communiqué des EdV. Une fenêtre qui pousse les professionnels à accélérer l’émission des billets déjà en réservation, dans la limite de leur trésorerie. Au-delà de cette gestion immédiate, la question de la répercussion des hausses auprès des voyageurs se pose. Le syndicat professionnel rappelle que le droit français encadre précisément les possibilités de révision tarifaire une fois un contrat de voyage conclu.
Voyages à forfait : une révision possible mais sous conditions
Pour les voyages à forfait, la législation permet à un opérateur de modifier unilatéralement le prix après la vente, mais uniquement dans certaines circonstances. La hausse doit être la conséquence directe d’une évolution du coût du carburant, du niveau des taxes ou encore des taux de change. Elle n’est possible que si le contrat de voyage, ou les conditions générales de vente, prévoit expressément cette faculté, aussi bien à la hausse qu’à la baisse. Le contrat doit également préciser de manière claire la méthode de calcul de cette révision, par exemple en mentionnant un prix de référence du baril de pétrole et la part du prix du voyage concernée par la variation. Lorsque ces conditions sont réunies, l’agence de voyages doit informer le client de cette modification de prix dans les meilleurs délais et sur un support durable, comme un courrier ou un courriel. Un simple échange téléphonique ne suffit pas, précise le service juridique des EdV. La réglementation fixe également plusieurs garde-fous. Une révision tarifaire ne peut intervenir à moins de vingt jours du départ. Si la hausse dépasse 8% du prix total du séjour, le client a la possibilité de refuser de payer le surcoût et peut annuler son voyage sans frais. En revanche, lorsque l’augmentation reste inférieure à ce seuil de 8%, le client est tenu d’accepter la modification. S’il choisit malgré tout d’annuler son séjour pour ce seul motif, il doit payer les frais d’annulation prévus au contrat.


