Guerre au Moyen-Orient : la France résiste mais demeure sous pression
Lors du forum du Seto à Tétouan, Alexis Gardy, président de Belambra, est venu apporter son éclairage sur la situation française dans un contexte international particulièrement compliqué.
« On est face à une situation qui n’épargne personne », a-t-il d’emblée souligné. « Les répercussions de la crise au Moyen-Orient impactent bien sûr les destinations lointaines, mais aussi le marché français en tant que marché émetteur. »
Impact de la hausse des prix à la pompe
Au-delà des considérations géopolitiques, c’est bien la dimension économique qui inquiète les professionnels. La hausse des prix de l’énergie, conséquence directe des tensions internationales, pèse sur le budget des ménages.
Un facteur d’autant plus déterminant que les habitudes de transport des Français amplifient cet effet. « Les prix à la pompe peuvent impacter les choix des Français, et les amener probablement à choisir des destinations de proximité, sur Pâques ou sur l’été », souligne Linda Lainé, rédactrice en chef de L’Écho touristique chez notre confrère de Franceinfo. Et de rappeler que « le premier moyen de transport des Français lorsqu’ils partent en vacances, c’est la voiture : 70% d’entre eux l’utilisent en France, et encore 60% en Espagne. »
Face à cette situation, plusieurs tendances se dessinent. Une partie des Français opte pour des destinations plus proches ou perçues comme plus sûres, tandis que d’autres reportent leurs décisions de voyage.
Pas d’effet d’aubaine
Cependant, contrairement à certaines idées reçues, Alexis Gardy tempère l’idée d’un report massif vers la France. « Les 75% de Français qui ne partent pas à l’étranger sont eux aussi concernés par la baisse du pouvoir d’achat », a-t-il rappelé lors du forum annuel du Seto.
Autrement dit, la destination France ne bénéficie pas automatiquement des arbitrages défavorables à l’international. Elle doit elle aussi convaincre dans un environnement concurrentiel renforcé, notamment face à des destinations européennes attractives comme l’Espagne ou l’Italie.
Dans un tel contexte, les acteurs du tourisme français poursuivent un travail de fond pour renforcer l’attractivité de la destination. « Il y a une vraie prise de conscience sur le travail à mener », estime Alexis Gardy. « C’est un effort de long terme pour renforcer l’attractivité de la destination France, crise après crise. » Investissements, montée en gamme, diversification des offres sont autant de leviers activés pour séduire une clientèle à la fois française et internationale.
L’attractivité de la montagne française
Sur le plan conjoncturel, le bilan de l’hiver chez Belambra reste néanmoins positif. Le produit montagne, et notamment le ski, confirme son attractivité. « La France est une destination à rayonnement mondial, qui attire des clientèles européennes et long-courriers », explique-t-il.
L’allongement de la saison constitue un autre facteur favorable. « Aujourd’hui, nous ouvrons début décembre et ne fermons qu’au début mai. On ne peut pas juger la saison dès le 5 janvier, il faut plutôt attendre le 5 avril », précise Alexis Gardy. « Les dernières semaines, notamment autour des vacances de Pâques, sont devenues cruciales pour le résultat global de la saison. » Le ski de printemps progresse effectivement chez certains spécialistes.
