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Concurrence ferroviaire : l’ART plaide pour une « baisse ciblée » des péages

Abaisser le coût de nouvelles liaisons ferroviaires, avec une « baisse ciblée » des péages, serait un moyen efficace d’accroître une concurrence favorable aux voyageurs, selon l’Autorité de régulation des transports (ART).

Le régulateur a publié dimanche soir une étude annuelle sur cette concurrence, lancée progressivement en France depuis 2019. Pour l’Autorité de régulation des transports (ART), « l’ouverture du marché contribue à développer l’offre pour répondre à une demande de transport ferroviaire particulièrement dynamique, marquée par une fréquentation en hausse de 14% depuis 2019 ».

Les péages les plus élevés d’Europe

La fin du monopole de la SNCF, entreprise publique désormais scindée en plusieurs filiales (dont SNCF Voyageurs et SNCF Réseau), s’est accompagnée de nombreuses critiques. Notamment, celle selon laquelle ses concurrents n’iraient que sur les lignes les plus rentables, pour laisser à l’opérateur historique les déficitaires.

Mais d’après l’ART, le rail français souffre des montants, les plus élevés en Europe, que touche SNCF Réseau pour accueillir les trains de la concurrence. « La baisse des dessertes des villes moyennes est antérieure à l’ouverture du marché et résulte principalement du niveau des péages ferroviaires », constate le régulateur.

40% du chiffre d’affaires

Il appelle à les baisser en dehors des « grandes métropoles », alors qu’ils équivalent aujourd’hui à près de 40% du chiffre d’affaires des concurrents de la SNCF et « jusqu’à 60% sur certains axes ». « Une baisse ciblée des péages enclenche un cercle vertueux : viabilisation des liaisons, développement de l’offre par tous les opérateurs et recettes additionnelles pour le réseau », estime l’ART.

« SNCF Réseau l’a amorcée dans le cycle tarifaire 2027-2029 et devra l’approfondir pour le cycle suivant », prône-t-elle pour encourager la venue de nouveaux opérateurs ferroviaires et donc de recettes supplémentaires pour l’entreprise publique.

Mieux desservir certaines villes

Deux types de concurrence sont possibles, face à la SNCF qui assure 98% du trafic ferroviaire en France. Sur les lignes à grande vitesse, plusieurs sociétés peuvent cohabiter. Trenitalia est à ce stade le seul concurrent de la SNCF sur des lignes uniquement françaises, depuis 2021 entre Paris et Lyon, puis d’autres gares du Sud-Est. Sur les lignes régionales, des appels d’offre peuvent permettre d’attribuer les dessertes à un nouvel opérateur. Nice-Marseille est exploité depuis 2025 par Transdev (détenu à 66% par l’allemand Rethmann). « L’étoile de Caen » le sera à partir de 2027 par RATP Dev.

L’ART n’a pas cité d’exemples de villes qui pourraient être mieux desservies en abaissant les péages. Elle a cependant relevé que l’arrivée de Trenitalia avait amélioré l’offre dans des « villes savoyardes (Chambéry, Saint-Jean-de-Maurienne, Modane) » reliées à Lyon.

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